05/04/2018

1958 LEOPOLDVILLE

En 1958, de retour à Léo, j'ai très vite été mutée dans une école pour enfants congolais. C'est la que j'ai appris quelques rudiments de lingala :
- Mukombo na yo ? (votre nom)
- Mukombo na mwana ? (nom de l'enfant)
- Nzambi ? (religion ) où la réponse pouvait varier de
.. nzambi te (pas de religion)
.. nzambi ya plotesta (protestant)
.. nzambi ya mompè (catholique "mon père".
Etait-ce la toute première école de la Ngombe ? Elle était située derrière le cimetière et le camp de police (Lufungula).
 
2O bâtiments de classe (50 écoliers par classe) en plaques de béton surmontées de toits en tôles ondulées.
2.000 élèves en tout : l'école fonctionnait à double gong. 1.000 enfants venaient du lever du soleil jusqu'à midi, 1.000 autres les remplaçaient de midi au coucher du soleil. La semaine suivante les groupes alternaient
 
Le premier jour de ma prise de fonction dans la nouvelle école m’a réservé quelques surprises. Après avoir fait la connaissance de Maria Lallemand, d’avoir convenu entre nous de la distribution des tâches administratives et éducatives, je me suis rendue dans une des classes de première année primaire. A mon entrée dans cette classe, le moniteur (il n'y avait pas encore d'instits congolais, les moniteurs avaient fait l'école primaire et 2 ans de formation) a annoncé que la leçon de calcul allait  commencer. Il y a eu un bruit assourdissant ! Chacun des 50 écoliers sortait de l’intérieur de son pupitre des dizaines de capsules de bouteilles. Chez certains les capsules étaient dans une espèce de sac, pour d’autres dans un petit carton, mais la majorité des enfants gardaient les capsules en vrac dans le pupitre. Je me suis rendue compte qu’il n’allait pas y avoir de leçon de calcul, mais simplement des exercices de comptage…
En allant ensuite chez le collègue de ce moniteur, voilà que lui aussi annonçait une leçon de calcul : aucun écolier n’avait de capsules dans cette classe. Mais …
Quand il a proposé l’addition « 7 + 8 »  j’ai entendu à nouveau un bruit étonnant, tandis que toute la classe était en action : les enfants posaient les 2 pieds sur le pupitre afin de réaliser le « comptage »  7 doigts + 8 orteils = 15 extrémités !
Il nous a fallu peu de temps à Maria Lallemand et à moi pour mettre au point une « méthode » moins bruyante et bien plus adaptée au calcul réel. Nous avons fabriqué avec du bristol de couleur un matériel didactique pour les enfants de la première année primaire.
 

Commentaires

Les moniteurs faisaient de leur mieux vu leur formation...

Écrit par : la fausse petite "Bruxellesse" | 05/04/2018

Répondre à ce commentaire

Vous avez raison : ils méritent des éloges. J'estime qu'avec leurs petits moyens ils ont fait de l'excellent travail.

Écrit par : godelieve | 06/04/2018

Dans l'fond t'étais la précurseuse du boulier en papier
Jeudissimes bisous

Écrit par : H-IL | 05/04/2018

Répondre à ce commentaire

7 doigts + 8 orteils ? comment ils sont fait là bas ?

Écrit par : Maïanthème* | 07/04/2018

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire