14/04/2017

EN UN JOUR ???

… Il reste ce jour pour tout terminer… Je n’y crois pas.

Le carrelage mural de la salle de bain est terminé sauf les joints, le plateau de douche est posé mais pas son encadrement, ni aucune robinetterie. Le lavabo et les autres accessoires sont dans le bureau, posés au sol. Le cadre de la fenêtre du vasistas est à réparer, le radiateur dort  dans le corridor, le lave-linge aussi.

Il paraît que le carrelage mural du WC sera renouvelé ainsi que le pavement… Faut-il donc prévoir un autre jour sans popo ? Il vaudrait sans doute mieux de s’expatrier pendant quelques jours du côté de Lille. Pour le moment ça n’arrange pas Jipi. Il a accepté d’animer une petite causerie l’après-midi du lundi de pâques dans le namurois… Je ne l’accompagnerai pas et resterai ici à remuer la fine poussière qui fait éternuer et tousser.  

QU'IL EST DOUX DE NE RIEN FAIRE

quand tout s'agite autour de moi

dans le living

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et sur le toit (du garage) !

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13/04/2017

YENDEEE!

Cela ne nous étonne plus du tout qu’il y ait tant de travaux ! Tout a été pensé, pesé, et s’exécute par conséquent.

Hier il n’y avait pas une goutte d’eau de disponible, mais j’avais pris mes précautions en faisant provision pour l’essentiel.

De 2h à 6h de l’après-midi : plus de chiotte non plus. Nous avons dû fermer nos robinets biologiques à double tour.

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Voici le pot, sur le flanc, à l'entrée de la salle à mangerr

Avant, l’évacuation des eaux usées de la cuisine passaient à travers les murs pour aller dans des tuyaux longeant la baignoire. Une douche n’a évidemment pas cette épaisseur. C’est pourquoi toutes les tuyauteries d’arrivée et d’évacuation d’eau ont été repensées et refaites, jusque dans les WC. Du coup, nous voilà dotés d’une chasse d’eau très moderne et encaissée : cela cache les boyaux qui n’étaient pas très esthétiques.

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A l’heure où je rédige cette note (mercredi 12 avril 18h) nous ne pouvons toujours pas aller au pipi ni au popo : il n’y a plus de pot ! Franchement cela commence à devenir un peu pressant. Nous avons bien un seau ou deux et plusieurs casseroles… ainsi qu’une évacuation possible soit en vidant le contenu dans la bonde sur le balcon, soit en balançant le tout par la fenêtre : cela ferait de l’engrais pour les magnolias, si nous visions bien.

Ils étaient deux à travailler et l’on voit nettement l’œuvre avancer… la crasse aussiDSCN0623.JPG

C'est l'entrée, commun, en sortant de l'ascenseur...

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Ceci est le corridor dans l'appartement

 

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Et voici le dégagement de nuit vers la chambre à coucher.

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Le plombier accroupi à l'oeuvre

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Et ici c'est le vieux Jipi qui fait sn jogging rapide, tellement rapide qu'il est flou !

Porca miseria ! Vivement vendredi soir.

12/04/2017

QUEL BORDEL !

C’est donc le bordel complet ! En homme super-intelligent le mari de madame a coupé l’eau dans la salle de bain et aussi dans la cuisine. Sans prévenir… il l’a affirmé quand c’était irrémédiablement fait.

Mais nous ne sommes pas sans points d’eau, n’est-ce pas ? Il reste la chasse du W.C. et le petit robinet du lave-mains dans le même endroit : c’est SUPER ! Avec un petit récipient bas nous pouvons y soutirer jusqu’à 400 ml par coup !

Avouez que ce sera pratique pour se laver, pour faire la vaisselle, pour cuisiner et éventuellement pour donner un coup de fraîcheur dans le corridor et ailleurs.

J’ignorais complètement que pour installer une douche il fallait démonter toutes les faïences murales… même celles derrière le radiateur, qui a été déposé, lui aussi.

Entre-temps le miroir, le lavabo et son meuble support ont trouvé refuge dans le bureau : pratique.

Donc : voici une image du boulot « pendant ».

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Comme j’étais en ville dans l’après-midi (là aussi c’est le bordel le plus complet) Jipi m’a dit être content que je n’ai pas entendu les coups de massue donnés dans la baignoire : il paraît que c’était dantesque.

… (nous sentirons un peu mauvais aujourd’hui et demain… la toilette dans un lave-main sera très sommaire !) …

11/04/2017

SEMAINE SAINTE ? NON ! SEMAINE SALE

C’est aujourd’hui que ça commence. Ils seront à l’œuvre dès 7h30 du matin et tant pis pour Jipi qui ne pourra se prélasser jusqu’à 8 h. Comme vous le voyez, je suis debout, moi.

Le mari de notre proprio a voulu débuter les travaux avec un jour d’avance sur le délai annoncé.

Pleurez-donc dans vos chaumières ! Pendant 6 jours (démolition baignoire, reconstruction douche et canalisations,  ensuite finition et séchage du carrelage mural) nous ne pourrons pas utiliser la salle de bain : faudra se débrouiller dans l’évier de cuisine… si le gars ne coupe pas l’eau… Notre œuf de pâques promet de fleurir bon le fauve (lapin ???)

Ya+ka aller se laver à Lille ? On verra.

AVANT C'ETAIT COMME CECI :

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10/04/2017

les YEUX QUI GRATTENT

09/04/2017

PETIT DEJ AU SOLEIL

ET EN OMBRE CHINOISE...

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08/04/2017

JUMELAGE

 

              LE GRAU DU ROI

              BOURG LA REINE

LE SAC A POUX.

Quand j’étais encore toute gamine il arrivait que j’accompagne ma maman lors de ses visites chez les voisines. En somme, j’étais son chaperon car ces femmes d’ouvriers avaient un franc-parler aggravé par l’accent du patois gantois plus ou moins vulgaire. C’était pour maman une manière de s’évader du quotidien, de s’encanailler un peu et surtout d’en apprendre…

Souvent je faisais semblant de ne pas écouter la conversation mais tout entrait dans mes oreilles avides. On y tenait des propos que la décence ne me permet pas de reproduire, consciente que je suis de l’état potentiel de puceau et de pucelle de mes lecteurs et lectrices.

Hum.

J’y entendais aussi de graves âneries ! Ainsi donc, étant sur place parce que la maman de la voisine était malade et alitée, la Mariette nous prévenait :

-       Il ne faut pas vous en approcher car son sac à poux a pété et elle est infestée !

-       Son sac à poux ! m’écriai-je abasourdie par tant de connerie de la part d’une adulte.

Et elle, convaincue et prête à m’éduquer (???)

-       Bien sûr. Toutes les personnes en ont un, là (elle montrait le bas de sa nuque) et quand on a de la fièvre, il pète à cause de la chaleur.

Ma question :  votre sac à poux a-t-il déjà pété ?

 

07/04/2017

VILLE FLEURIE

 

Vers la mi avril, les ouvriers horticoles sont à l’oeuvre dans les squares, jardins et parcs de la ville. Cette année la floraison sera des plus spectaculaires, leur a assuré le nouveau chef horticulteur. Il a tenu a former lui-même les équipes et a nommé pour chacune un « capo ». Le capo doit scrupuleusement suivre le programme : tel jour, telle heure, dans tel square ou tel parc.  Chacun a reçu le schéma de plantation et les plantes dans la fourgonnette sont numérotées par lot. 

 

Ah ! On peut dire que le nouveau chef horticulteur est quelqu’un de spécial.  Lors de la mort mystérieuse de l’ancien chef – par autocombustion dans la serre – et après une multitude d’incidents pas naturels, le poste vacant laissé par le défunt n’était pas très prisé. Aucun des ouvriers spécialisés n’a posé sa candidature, ils étaient tous sous l’emprise d’une peur superstitieuse, alors que plusieurs d’entre eux auraient pu assumer cette tâche. C’est alors qu’on a vu débarquer le nouveau au début de l’été. Il semble qu’il ait  demandé lui-même sa mutation, car il aurait été l’intendant des palais de la ville. Certains pensent qu’il n’était plus très présentable suite à sa maladie ce qui explique son empressement pour venir prendre la place du mort.  Au début la plupart des ouvriers ne le trouvaient pas sympa, mais actuellement tous conviennent que le nouveau est un vrai bosseur et qu’il a le juste sens des relations humaines.  Jamais il ne profère un mot plus haut que l’autre, il n’est plus jamais question de rebuffades devant les collègues. Au contraire,  les hommes sont souvent félicités ou encouragés.  Ils ont pourtant encore du mal à s habituer à la tête du chef. Le pauvre est affligé d’un affreux oedème facial bilatéral, d’un teint franchement malsain, où les yeux s’enfoncent comme de petites billes couleur de plomb. Pour cacher tant soit peu ce gonflement disgracieux, l’homme affectionne le port d’une barbe poivre et sel, volumineuse et assez mal entretenue, dans laquelle les pustules de folliculite d’un rouge vif creusent des petits cratères répugnants. Le surnom pour le malheureux était tout trouvé : d’abord on l’a appelé « le nain de jardin » maintenant on se réfère à lui comme « le nain » tout court.  Il n’est pourtant pas de petite taille.

 

Les ennuis de l’ancien chef horticulteur ont commencé quand il a conçu le projet de métamorphoser la ville entière en un gigantesque parc de crop-circles artistiques. Les dirigeants de la ville étaient enthousiastes : cela allait attirer les touristes du monde entier et donc de l’argent pour les commerces et les hôtels. Fini de planter des pétunias, des cosmos, des tagètes et des rosiers : il fallait semer de l’orge, de l’avoine, du blé. L’ancien prétendait qu’il avait un « truc », une sorte de programme alliant micro-ondes et GPS actionnés par ordinateur et que cela marchait à tous les coups. On raconte qu’il en a fait la démonstration convaincante quelque part dans un champ devant le corps  municipal au complet. Mais par un concours suspect de circonstances malheureuses il n’a pu mettre en oeuvre ce projet grandiose.

 

Un tas de petits et gros incidents se sont en effet cumulés. Après l’inondation dans la réserve où étaient stockés les sacs de graines, il y eut subitement un incendie dans le bureau et tout le matériel informatique était détruit. Comme si cela ne suffisait, pas un matin  toutes les pelles et les râteaux avaient disparu : on les retrouva coulés en lingots grossiers tandis les manches formaient  un tas de sciure au milieu de l’allée centrale. A certain moment les brouettes et les tondeuses avaient été volées...  Ce n’était que le début des ennuis : le chef fut affligé de mille maux.  D’abord il attrapa une mauvaise grippe qui dura des semaines,  puis il eut la rougeole – à son âge ! –  un peu plus tard il souffrait à la fois de grande pécole (la peau des fesses qui se décolle) et du quissequisse (le nombril qui se dévisse) pour enfin aboutir à cette triste fin : il s’est transformé en cendres devant le parterre des boutures de géraniums, si bien qu’il ne fallait même plus organiser sa crémation.

 

Le nouveau chef n’a pas le même genre d’ambitions : il à claironné haut et fort qu’il se contentera de fleurir la ville pour le plus grand bonheur des citadins.  L’homme paraît tout simple et sauf l’absence d’une vie privée normale qui intrigue les hommes, il n’y a rien à en dire. Il possède bien une voiture personnelle avec laquelle il part parfois s’approvisionner dans un supermarché. Mais dès le départ des ouvriers le soir, jusqu’à leur retour le lendemain, cette voiture ne bouge pas d’un poil : elle demeure garée devant la remise de l’outillage dans laquelle on voit de la lumière toute la nuit. Ce gars-là n’aurait donc ni foyer, ni famille, ni appartement ou maison ?  

 

La curiosité titille cependant certains esprits. Il est arrivé que sous divers prétextes l’un ou l’autre des ouvriers s’aventure autours des pépinières et des serres municipales tard le soir, rien que pour pouvoir renseigner les collègues. Bien mal leur en a pris : soudainement aveuglés par une puissante lumière venue de nulle part, ils se sont sentis confus, se retrouvant hébétés dans la rue à se demander ce qu’ils y font cette heure tardive.

Mais que fait donc le nain toutes les nuits  dans la resserre à outils ? Et d’où vient cette lumière surnaturelle ? On chuchote beaucoup, on se perd en conjectures, les rumeurs vont bon train comme toujours, mais en vain.

 

- - - - 

 

A la mi-mai tous les travaux horticoles préparatoires sont terminés.  Les citadins  intéressés s’arrêtent pour admirer le travail et émettent diverses hypothèses sur le nouveau style de la décoration florale. Elle semble un peu particulière n’associant que deux couleurs par pièce fleurie : les sauges bleues dominant le jaune des oeillets d’Inde ici, ou là-bas le rouge vif des bégonias associé au blanc des anthémis, et le long du parc les thunbergies oranges avec le bleu délavé des scabieuses, ou encore le mauve des aubriettes avec et le tons pastels des bégonias. D’un parterre à l’autre l’arrangement est différent, mais partout il y a un point commun. Dressés sur un petit monticule pour encore mieux attirer le regard, un groupe de deux à cinq plantes se démarquent par leur taille énorme, par des vrilles aériennes spiralées comme des ressorts et une hampe florale promettant des fleurs hors normes.  Les plus curieux des admirateurs se confondent en suppositions, les plus documentés cherchent dans leurs livres de jardinage ou dans leurs encyclopédies afin de pouvoir nommer ces plantes qui grandissent à vue d’oeil.

 

Et puis les citoyens s’habituent, ils sont si vite blasés.  Rares sont ceux qui s’arrêtent encore délibérément pour admirer les fleurs.  Pourtant, des plantes de trois à quatre mètres de haut, avec des tiges comme des petits troncs d’arbre et des ramifications vrillées de la grosseur du bras portant chacune une fleur gigantesque aux tons différents de toutes les couleurs de l’arc-en- ciel, cela devrait les interpeller. Mais rien.

 

- - - 

 

C’est à partir de la mi-juin que la ville est secouée et émue par un nouveau genre de criminalité. De partout on signale des disparitions de bébés, d’enfants, de jeunes gens, d’adultes jeunes ou vieux. La suspicion envers les semblables  grandit, la haine aussi. Les bureaux de police sont submergés par des plaintes de personnes en larmes, venant déposer qu’en un instant leur enfant, leur compagne ou leur compagnon a disparu sans laisser de traces, aux environs des dix heures du soir.  La ville décrète un couvre-feu : en plein été cela ne fait pas plaisir.  En soirée les fêtes populaires et les manifestations de masse sont interdites.  Mais cela ne freine pas les disparitions mystérieuses, que du contraire. Un fait est sûr : il n’y a qu’en cette ville que les gens disparaissent en masse à la tombée de la nuit, ailleurs dans le pays tout est normal.  

 

On aurait bien voulu dresser le portrait robot du ravisseur qui n’a pas été directement observé et dont le vol ne semble pas être le mobile. En effet, les sacoches de ces dames, les  sacs à dos des garçons, les caddies des vieilles dames : tout cela est retrouvé intact sur le lieu de la disparition.  Un phénomène de paranoïa social s’installe et beaucoup de personnes inventent avoir rencontré l’auteur des rapts : inconsciemment ils dénoncent des voisins ou des gens de passage dont la tête ne leur revient pas. Plus personne n’est à l’abri d’une dénonciation et la police ne sait plus ou donner de la tête. Jusqu’à présent on n’a pas la preuve que les ravis aient  été assassinés : pas de  cadavres suspects nulle part, alors que le nombre de disparus frôle déjà le tiers de la population totale de la ville. La panique ronge les cervelles des gens, et le nombre de suicides va de pair avec le nombre de disparus. La vie devient intenable parce que chaque famille est touchée : ceux qui le peuvent fuient la ville pour se réfugier dans leur famille ou chez des amis à la campagne.     

 

- - -

 

Au début du mois d’août  le nain a pris ses quinze jours de vacances, comme tout le monde.  Il en profite pour faire le tour de son oeuvre et  d’aller admirer partout les décorations florales dont il est l’inventeur : il n’a pas encore eu l’occasion de les voir de ses propres yeux. Son état physique a empiré : son corps entier est enflé et des abcès mûrissent dans ses articulations et dans ses chairs. Il n’a pratiquement plus de visage : il est devenu hideux.  Tout lui est indifférent désormais : il ne vit plus que de sa souffrance et il regrette de n’être pas déjà mort.

 

Il s’arrête enfin près des étangs du Rouge Cloître, là où il a fait planter trois douzaines de Drosera, génétiquement adaptés à LEURS besoins.  ILS lui avaient donné l’ordre de planter ces herbacées vivaces sur lesquelles ILS travaillaient. Le nain pense savoir aujourd’hui quel était LEUR but.  Il LES a vu prélever du jus sur des tiges de drosera qu’ILS nourrissaient avec de petits vertébrés.  Il LES a vu boire ce jus répugnant en manifestant un grand contentement. 

 

Ici les fleurs sont particulièrement belles, chacune a une envergure d’un mètre au moins. C’est magnifique.  Le temps a été très ensoleillé, la nuit sera tiède. Il s’assied sur le gazon tout près du parterre - assez insolite à cet endroit près de la berge d’un des étangs - et il attend, sans frayeur, dans le calme et dans l’acceptation.   

 

- - -  

 

A la fin du mois de septembre une petite annonce est insérée dans la rubrique « offres d’emploi » d’un journal local :

 

OFFRE D’EMPLOI

 

La Ville organise un concours en vue d’octroyer

le poste de chef horticulteur devenu vacant.

Le candidat sera porteur d’un certificat d’études secondaires

sera âgé d’au moins 18 ans, sera de nationalité Belge

et habitera la ville ou sera décidé à venir y résider

dès sa nomination

 

Candidatures à envoyer à ..... etc. etc.      

05/04/2017

LE CRASH

Son aura s’échappe de toutes parts

 

Il est 2 heures 58 du matin à la Gare de l’Ouest. Le lieutenant N’Dadin AKass peut maintenant se brosser : jamais il n’aura le grade de capitaine. Il vient de s’en rendre compte brutalement, on peut le dire !  N’est-ce pas extrêmement stupide ?  La première et la seconde phase de sa mission se sont déroulées comme prévu, dans les temps et à la perfection, il n’avait plus qu’à décoller pour rejoindre sa base sur la face cachée de la Lune. Et voilà qu’un train de marchandises est venu remettre tout en question.  C’est ce qu’il pense en se relevant après la chute.

 

Il s’extrait péniblement du poste de pilotage et revit en pensée comme dans un film les événements de cette nuit.

 

- N’Dadin Akass tu iras aux provisions, lui avait lancé le colonel Kaff E’Klatch en début de soirée.

 

En effet, chaque nuit quelqu’un accomplissait cette mission de routine depuis l’installation de la base. Il y avait des points de ravitaillement dans tous les pays.  Cette nuit ce serait en Belgique. 

Il s’était donc rendu au quartier général, avait vu l’intendant qui lui avait remis la liste des provisions à ramener.  Il avait parcouru des yeux la courte liste :

- dix boîtes de cinq kilos conserve de phaseolus à la sauce de lycopersicon lycopersicum esculentum agrémentée de fruits mûrs d’oléacées, de capsicum, et d’allium sativum

- cinquante baguettes croustillantes faites avec de la farine du meilleur triticum.

- cinq touques de cent litres d’eau potable.

- cinquante gallus gallus évidés, plumés et rôtis.

Bien sûr il savait très bien qu’ils n’étaient que quarante-huit explorateurs à la base : l’on chuchotait que le général d’armée et le général de division prenaient une double portion à chaque repas. Cela ne lui fit ni chaud ni froid car la portion simple lui suffisait largement.  La liste ne l’intéressait pas plus que cela étant donné que le clark volant était télécommandé et connaissait l’emplacement exact dans les dépôts à visiter.

 

Il se mit ensuite en rapport avec le commandant de l’aviation afin de disposer d’une soucoupe cargo muni d’un clark volant autonome et télécommandé. Enfin il alla cueillir sa feuille de route à étudier minutieusement avant le départ pour que la mission se déroule sans anicroche.

 

Manifestement, il n’avait pas convenablement analysé cette feuille de route, et le voilà dans la mélasse.

Il se dit que pourtant, il connaissait chaque point par coeur :

Phase 1 :

-       départ à 2 h 00 AM (heure terrestre de l’Europe Occidentale)

-       arrivée au-dessus de Bruxelles à 2 h 20 AM

-       direction « Gare de l’Ouest » et atterrissage au sud près des bâtiments des Dépôts Vicinaux.

Phase 2 :

-       sortie du clark volant autonome et envol vers le sud à l’embranchement avec la Rue Osseghem.

-       ouverture du dépôt Delhaize (protocole secret télécommandé de la Lune dont la divulgation est interdite) à 2 h 30 AM

-       chargement des victuailles par clark. (voir plan pour l’emplacement des provisions)

-       retour à la soucoupe cargo et déchargement des victuailles.

-       remplissage des 5 touques aux robinets privés vicinaux.

-       chargement des touques

Phase 3 :

-       décollage à 3 h 00 AM

-       retour à la base à 3h20 AM

 

N’Dadin Akass avait accompli le chargement de l’eau potable, il s’était mis à son poste prêt à décoller, lorsque ... Bien oui, c’était un train de marchandises et brusquement il y eut un énorme fracas de déchirement de ferraille. Il fut violemment secoué et projeté contre les parois. Manifestement il s’était posé trop près des rails, quelques centimètres plus à droite et il avait gagné son grade de capitaine et probablement son prochain retour à la planète natale. Et maintenant, que vais-je faire ? se demanda-t-il.

 

Il sortit donc de l’engin, constata avec effroi que sa combinaison étanche était déchirée à trois endroits et laissait échapper son aura protectrice qui se craquelait de partout.  Vaguement il vit arriver un autre astronef de la base : on l’avait donc discrètement surveillé et protégé. Ils allaient récupérer son épave avec le précieux chargement de nourriture.  Il regretta de n’être pas resté à bord mais n’eut pas la force d’y retourner et prit donc la décision de se désintégrer : c’était la consigne, il ne fallait pas que les habitants de la Terre puissent récupérer un des membres extraterrestres de la base, ni vivant, ni mort.  

 

Entre-temps un attroupement de terriens se formait. Ces gens venaient en s’interpellant à haute voix : le conducteur du train et les deux convoyeurs, le gardien de nuit des Dépôts Vicinaux, deux ou trois civils.

Il entendit des sirènes dans les rues au-dessus de sa tête et sut que la police ne tarderait pas à débarquer sur les lieux.  Le groupe de personnes s’arrêtaient et observaient stupéfaits la descente d’une grosse soucoupe qui aspirait une petite soucoupe posée au sol. Puis ils virent l’extra-terrestre de race noire, aux yeux lumineux jaunes entouré d’une aura jaune devenant orange puis rouge, debout près des rails : d’abord ils ne l’avaient pas remarqué dans l’obscurité des lieux. L’extra-terrestre s’effondra et les gens se précipitaient pour le voir de près et éventuellement le secourir, mais surtout curieux de ce qu’ils allaient découvrir.

 

Mais en moins d’une minute il n’y avait plus là, à la Gare de l’Ouest, ni soucoupe ni extra-terrestre à voir. Tout avait disparu sans laisser de traces.  Et le comble ? Même la locomotive du train ne montrait plus aucun indice de l’impact...  Comme il n’y avait pas de dommages, pas de blessés et qu’un léger retard d’un train de marchandises ne valait pas la peine de rédiger un procès verbal, il n’y eut pas d’enquête.

PAS PLUS DE 5 !

Dans cette période avant pâques, la commune de Molenbeek organise la collecte des déchets encombrants dans différents quartiers.

La brochure qui nous en fait part précise bien quels genres d’encombrants seront acceptés : meubles démontés, appareils électro-ménagers, pneus déjantés, bibelots etc.

Un peu plus loin nous avons lu qu’il nous reste peu de chances de pouvoir en profiter : ils ne veulent pas plus que 5 déjantés par famille !

04/04/2017

1963 JOUR DE PAQUES A LEOPOLDVILLE.

Les cloches repartaient de Rome et en faisant un grand détour elles passaient à Léopoldville ou elles larguaient des chocolats en barre encore dans leur emballage d’origine.

Le matin les enfants privilégiés découvraient parmi les plantes de la terrasse ces dons du ciel.

Il était évidemment dommage que ces chocolats dataient de Mathusalem, mais dans leur emballage cela ne se remarquait pas. Après ? Le chocolat avait un aspect brun-gris : pas trop appétissant. Et le goût ? Infect.

Heureusement qu’il y avait des sorbets à la fraise dans le réfrigérateur…

JOUR DE PAQUES 1945

Ce jour-là les parents envoyaient leur grande fille de dix ans dans la « belle pièce » où on ne pouvait mettre les pieds que très rarement, lors d’une visite d’une personne importante comme le curé, le maire ou le notaire. Le motif semblait anodin : « vas voir s’il y a du neuf et si tout est bien en ordre là-dedans ».

La gamine s’y rendit. Et tout de suite elle y fut prise d’un gros chagrin. La mise en scène était triste à pleurer.

Sur chacune des 6 assiettes posées sur la table se trouvaient 3 minuscules « patates » de massepain : c’était le jour de pâques. Elle aurait préféré qu’il n’y avait rien, comme d’habitude.

Comme elle sortait de l’endroit encore sous le coup de cette misère étalée, son père la grondait : - Mais enfin ! On t’envoyait là pour que tu cries de joie et que tu appelles tes frères.

03/04/2017

POURQUOI JE NE VEUX PAS FETER MES 102 ANS

"LA DEUXIEME FEMME DE SA VIE"

C’était un jour de début d’été et je me trouvais dans le train qui allait me conduire à Waremme : là, mes amis venaient me prendre à la gare pour aller chez eux à Remicourt.

Il faisait très beau et j’étais donc en tenue d’été : pantalon et chemisier à manches courtes. Je précise que je ne me maquille jamais : j’ai été élevée parmi les garçons et maman ne se maquillait pas, juste un peu de rouge à lèvres et un soupçon de poudre. Ce minimum même je ne me l’applique pas : je reste nature.

Tout allait pour le mieux jusqu’à l’arrivée du contrôleur. Je voyageais avec un « golden pass » émis par les chemins de fer belges qui faisaient des conditions très favorables aux personnes de plus de 60 ans à condition qu’elles voyagent en dehors des heures de pointe.

Donc, le contrôleur survient. Il regarde mon « pass » et s’exclame que ce n’est pas possible qu’une personne aussi jeune que moi voyage avec un titre pareil. Il se met sur un genoux, les mains tendues vers moi en disant haut et fort (il fallait que tous les voyageurs du wagon en profitent) – « Je t’aime !!! Tu es la deuxième femme de ma vie ! ».

Je ne savais plus où me mettre et le comique de la situation faisait monter un fou-rire que j’avais toutes les peines du monde à contenir.

Le fou n’en restait pas là : il me prenait les genoux…

Là, j’étais entre l’enclume et le marteau : ce geste j’aurais dû le dénoncer à haute voix, mais le monsieur représentait aussi la société et je ne savais que faire.

Là il voulait voir ma carte d’identité (ce qui était son droit) pour vérifier mon âge et moi je ne voulais pas la lui montrer de crainte qu’il ne mémorise mon adresse et vienne m’importuner chez moi.

A chaque arrêt du train il sortait (c’était son devoir) et si je sortais aussi pour monter dans un autre wagon : il m’avait suivie de l’œil et se trouvait de nouveau près de moi pour le trajet suivant. Toujours avec le même cinéma.

Cela devenait fatiguant à la fin…

Contente que j’étais d’arriver enfin à destination ! Le soir, au retour, je craignais le pire : mais il n’était pas de service sur ce train-là.

Un truc pareil ne m’est arrivé qu’une seule fois.

Bien sûr j’ai signalé l’incident aux chemins de fer, en un style humoristique en disant qu’une autre dame à ma place aurait pu être traumatisée par tant d’amour ! Ils ne m’ont jamais répondu… ils en rigolent probablement encore.  

02/04/2017

LA FAUNE MAIS PAS LA FLORE !

Pendant les 9 dernières années de ma vie professionnelle j’ai fait tous mes trajets avec les transports en commun.

Déjà que les situations cocasses, bizarres ou navrantes  n’étaient pas piquées des vers dans le métro, dans le train c’était la faune complète, mais pas la fine flore.

Le matin je voyageais surtout en compagnie d’infirmières qui assuraient le service de nuit : il y avait Céline affectée à l’hôpital des enfants à Jette et Claudine qui assurait le service de nuit en pédiatrie à l’hôpital St Pierre.

Il y avait aussi quelques facteurs des postes ayant effectué leur boulot de nuit au tri postal de Bruxelles-midi.

Au retour j’ai eu droit à la faune complète. Outre les cas sociaux qui travaillaient à mi-temps au tri postal, il y avait un inspecteur de police (avec une moustache recourbée et gominolée, je ne vous dis que ça), un gardien de nuit au musée du Cinquantenaire et puis le tout-venant : des drogués pâmés dans certains wagons, des gens aux accents slaves portant sous le bras des douzaines d’anciennes  plaques d’immatriculation de véhicules, des (mal)travestis fardés outrageusement mais avec des poils sortant de leur décolleté et de leur manchettes, et j’en passe.

La faune la plus primitive était celle qui travaillait à mi-temps au tri. Ainsi j’ai appris que le fait d’être plutôt bien portante, voire obèse, était un must ! Le sport consistait à subtiliser des paquets, de les dissimuler adroitement au niveau de la graisse ventrale et de demander une pause toilette pour peaufiner le vol. Ainsi certaines femmes parvenaient à voler des cosmétiques mais surtout des vêtements (jeans et pulls ou robes) mais parfois il y avait la surprise d’un linceul commandé par une maison de repos : les voilà dotées d’une nappe bien noire à dentelle. Loin de condamner ces larcins les voyageuses riaient et enviaient celles qui avaient réussi leur coup.

Parmi ces personnes-là, il y avait aussi le petit jeune homme de bonne famille francophone de Lessines mais d’esprit faible : un jour je l’ai surpris à préparer son feu derrière la porte d’entrée du wagon. Il avait amené du petit bois, du papier et un briquet. Aucun contrôleur en vue. Heureusement que je connaissais assez bien le garçon et que j’ai pu m’y prendre convenablement.  

En ce temps-là les contacts sociaux ne manquaient pas !

01/04/2017

1 AVRIL

SOYEZ VIGILENTS, SURVEILLEZ VOS ARRIERES...

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31/03/2017

SUIS-JE D'HUMEUR ASSASSINE ?

Aux USA certains GIFS animés sont maintenant considérés comme armes mortelles. Pas celui-ci probablement : très belle modification d'une peinture murale de la rue :

 

 

 

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 Ni celui-ci, il est du genre bon enfant. Mais ! Mais ! Si vous avez tendance aux crises d'épilepsie ne regardez surtout pas les deux suivants : je ne tiens pas à avoir votre mort sur la conscience !

 

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30/03/2017

COPENHAGUE fin

Très vite le contrôleur venait vérifier nos billets. Il regarde le mien et il me sort toute une tirade en danois… Vu sa mimique et ses gestes quelque chose clochait. Je ne pigeais rien. Alors je lui ai demandé : - Please, can you tell me it in english ?

Et YES, il pouvait. Ce train allait se scinder en deux parties à la prochaine gare et je me trouvais dans la partie qui allait bifurquer vers l’est au lieu d’aller vers le sud. Quelle chance que ce contrôleur soit venu juste à temps, sinon je serais peut-être toujours là-bas…

Faut-il rappeler qu’il était déjà tard ce lundi soir et que j’étais debout depuis le dimanche matin ? Nous devions arriver à Bruxelles le mardi vers midi et normalement j’aurais pu faire un petit somme. Mais dans la bonne partie du train le wagon était partagé en compartiments de 6 places. Dans le mien il y avait un personnage habillé bizarrement, un mormon ? Il ne m’inspirait pas confiance.

Dans ma petite valise j’avais mon Nintendo et j’ai donc joué au « Super Mario » et à quelques autres jeux. La nuit passait, de plus en plus péniblement.

A Cologne j’ai quitté ce train pour me restaurer au buffet de la gare. De là-bas il y avait beaucoup de correspondances pour Bruxelles.

C’est ainsi que je suis rentrée (pratiquement à tâtons, je ne voyais plus clair) chez moi en début d’après-midi du mardi.

29/03/2017

COPENHAGUE suite

Donc, j’étais à la recherche d’un bistrot, d’un café ou d’un autre établissement du balieue.pnggenre et je n’en trouvais pas : à ma droite il y avait des immeubles ressemblant à des HLM sans aucun commerce à niveau de rue, à ma gauche il y avait un talus avec tout en haut les rails du métro local. Finalement j’ai trouvé une brèche dans la clôture et des buissons accueillants où j’ai pu « strouler » (faire couler fort) tout mon trop-plein.

Ensuite, comme j’en avais vraiment marre, je voulais retourner au centre-ville et à la gare. En général les gens que j’abordais n’étaient pas du genre aimable, le mot est faible. Alors je suis  tombée sur un couple âgé qui ne voulait rien comprendre de mon charabia et je me suis fâchée en lâchant dans le patois de la région de Ninove : « Didju , c’est où vot’foutue gare ? »

Miracolo ! Ils m’ont répondu en montrant le sens inverse de ma déambulation : « 4 kilometer ».

Bon. Je n’avais plus qu’à marcher, ce que j’ai fait. Et vraiment : je suis arrivée au centre-ville où se trouvait la gare et tout et tout. gare2.jpg

La gare de Copenhague vaut le détour : impressionnant hall avec sur la droite toutes les commodités pour les personnes : qu’elles soient valides, handicapées ou bébés. L’ensemble dans un état de propreté impeccable. Je ne me souviens plus s’il fallait payer, mais je pense que c’était un service gratuit à la population. J’en ai profité pour me rafraîchir. 

Tout de suite j’ai pris mon billet pour Bruxelles. Il y avait un train vers les 10 heures du soir, j’avais le temps de « nutritionner » quelque chose car j’avais la dalle.

carte.pngJe suis allée m’attabler au resto de la gare. Le garçon m’a apporté la carte… en danois. J’étais comme le « père plexe ».

Finalement quand le garçon est venu prendre la commande je lui ai montré du doigt un plat au hasard dans le milieu de la gamme des prix. Il ne me restait plus qu’à attendre pour voir ce que j’allais manger.

Sur quelques feuilles de salade il y avait une boule de saumon en pâté et tout était arrosé d’une sauce rose : de la gelée de groseilles ; des rondelles de concombre saupoudrées de  sucre cristallisé. Etonnant snack, mais j’avais faim !

gare.jpgEnsuite je suis allée sur le quai en espérant que c’était le bon : j’ai vite été rassurée car il y avait du monde et ces gens parlaient l’allemand.

Finalement le train arrive et j’embarque en vérifiant que j’étais dans la voiture et sur le siège indiqué sur mon titre de voyage.

… et bien, non !

(la fin demain)

 

28/03/2017

COPENHAGUE : première partie

C’était au début du mois d’avril de 1996. Mon Robert avait l’occasion de passer 6 mois à l’université de Copenhague dans le cadre de son post-doc. Pendant deux mois il avait tenté de trouver un passager qui voulait profiter du voyage à l’aller : il allait s’y rendre en voiture. Je lui avais promis que s’il ne trouvait personne je l’accompagnerais. Pour lui c’était important de n’avoir pas à faire tous ces kilomètres seul à bord.

Donc, un dimanche matin du début avril Robert m’annonce que je serai du voyage dans la soirée. Chouette alors.

Ainsi, ce dimanche au soir nous prenions la route, traversant toute l’Allemagne. Au fur et à mesure que nous avancions vers le nord, les tasses de café dans les restos de bord de route devenaient de plus en plus copieuses mais aussi de plus en plus transparentes. Pas de quoi vous garder éveillé.

A 6 heures du matin nous étions à l’embarcadère pour monter sur le bateau qui faisait la liaison par la mer. La traversée ne durait que deux heures. Nous voilà au Danemark en route vers Copenhague.

C’est là que mon chat intérieur devint funambule.

Quelque part près de l’entrée d’un zoo, Robert qui avait consulté sa montre me dit :

-       Je vais devoir te larguer ici, car j’ai rendez-vous avec le recteur de l’univ dans une demi-heure. Tu n’es pas très loin du centre de Copenhague d’après la carte.

Adieux provisoires, bisous, bisous. Me voilà dans la rue assez tôt le matin, dans un pays inconnu.

Je marche, je marche avec à la main ma petite valise.

Finalement j’aboutis sur une petite place où un bistrot vient d’ouvrir. J’avais besoin d’un café, fort, corsé.

Donc, je m’installe et dans un mélange de néerlandais-allemand-anglais je demande 2 cafés : mais des FORTS.

Tout sourire le garçon me les sert quelques minutes plus tard. J’ignore la sorte de schnaps qu’ils y avaient mis… J’étais complètement « rendue »…

Puis j’ai déambulé dans les rues. Sur une vitrine j’ai vu l’inscription : FRYTYTCENTRUM. Tu croyais qu’ils vendaient des frites ? Que dalle : c’était un centre de loisirs.

Bien plus tard j’ai trouvé un bureau de l’office du tourisme : ils y parlaient même le français ! En dehors de cet endroit, comme ce n’était pas du tout la saison touristique, il fallait parler et comprendre le danois : ce n’était pas mon cas. Mais vous allez voiir plus loin que mon état de « flamande » pouvant parler le patois du bas-pays qui est le mien, a servi à quelque chose.

Au tourisme ils m’ont conseillé de visiter le siège de la Carlsberg : ce qui fut fait et un verre du breuvage local plus loin j’étais encore plus paumée.

Il faut dire que j’étais debout et éveillée déjà depuis environ 30 heures. Je n’avais plus qu’une seule idée en tête : rentrer chez moi au lieu de passer 2 ou 3 jours sur place comme je l’avais d’abord pensé.

A midi j’ai trouvé un parc calme et me suis installée près d’un trouvaille archéologique : je crois bien que c’était une sorte de grotte avec un squelette dedans. Une femme témoin de Jehova a voulu profiter de mon moment de détente pour me convertir. Mon français m’a sauvé d’un sermon.

Venait ensuite le moment le plus pénible vécu à Copenhague : j’avais ABSOLUMENT besoin de faire pipi : les cafés du matin, la Carlsberg de 11 heures… vous voyez ?

27/03/2017

Chez "BRUNEAU"

Ce n’était que la deuxième fois que nous y allions. Décor super : vous connaissez les maisons Horta de Bruxelles ?

Luxe calme, style raffiné, personnel empressé et aimable.

Et les plats ! Je ne vais pas au resto pour y manger des choses que je puis préparer moi-même : là … qualité, fraîcheur, cuisine raffinée … c’était un peu le ciel sur terre.

Et pas de vaisselle à faire… c’est important pour moi. Non, pas une corvée mais une obligation de chaque jour.

Bref : nous avons « dégusté » au sens noble du terme.

Ce n’est pas loin d’ici : à peine à un quart d’heure à pied.

Le chef est venu saluer les convives : la salle ne peut en recevoir qu’une vingtaine maximum. Nous étions déjà sept.

resto bruneau.jpgbruneau-suggestion-du-chef-a4bb8.jpg

Le ventre de Jipi était malgré tout assez dilaté, si bien que pour le repas du soir un restant de salade de betteraves rouges et deux tartines grillées et beurrées ont suffi pour le repas du soir. Il doit manger un petit quelque chose car il a des médocs anti-diabète à prendre.

Moi ? Pas faim du tout ! Me suis contentée d’une bonne rasade de rosé.

Vous y voyez une objection ? Pas moi ! Je ne vis qu’une fois et je suis sur la fin de ma vie. Même si j’étais encore au milieu de ma vie je ne vois pas pourquoi je m‘en priverais, na !  

26/03/2017

NOUS L'AURONS !

Dans trois semaines la douche sera installée et fonctionnelle.

douche.jpgIl est certain que nous ne devons pas nous attendre à un truc luxueux : je pense que ce sera rudimentaire…

En tous cas la proprio a été de parole : je prenais contact par mail à la mi-février et elle promettait de revenir sur la question début mars après les 15 jours de congé qu’elle prenait avec sa famille. Le 3 mars son mari venait sur place prendre les mesures et hier elle m’annonçait les travaux pour le 12, 13 et 14 avril.

Nous pourrons donc nous arroser pour pâques.

Vite, vite, allons choisir la couleur de l’arrosoir !

25/03/2017

BOITE SURPRISE

Quand nous avions débarrassé l’appartement de Paris, nous avons trouvé une sorte de boîte coincée entre le mur et une armoire. Surprise : un piano muet. Je n’en avais jamais vu.

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Il n’était pas aussi luxueux que celui de l’illustration car les « touches » avaient toutes l’apparence du bois, celles qui devaient être noires étaient juste un peu plus sombres. De plus, aucune touche ne s’enfonçait ! Il y avait dans la pièce un véritable piano Rameau en bois laqué blanc.

Le piano muet datait probablement du temps où Mame n’avait pas d’instrument véritable : elle s’y exerçait à des accords qui allaient accompagner la gym rythmique façon « Medau ».

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Car oui, elle était prof de gym.

Il me plaît d’imaginer un duo au piano muet… pendant la sieste. Vraiment relaxant, non ?

 

 

24/03/2017

CELA FONCTIONNE AVEC TOUTES LES BETES A QUEUE...

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23/03/2017

LE LENDEMAIN

tarteauxpruneauxcuite.jpgIci c’est le lendemain de la veille…

Explication ? A cause de la tarte aux prunes. Je n’en ai consommé qu’un petit bout et me voilà toute soulagée des constipations anciennes, présentes et futures. Très efficace.

Où trouver ce remède miracle ?

Là : http://wallux.com/act/boulangerie-demelenne-la-roche-en-a...

 

22/03/2017

les "EUROPEENS"

Les Européens. (*)

 

***** 

- Mesdames et Messieurs, voici le Président.

 

-  A tous et à toutes mon plus cordial salut. Lors de cette première délibération, la Commission d’Enquête Scientifique de la  Planète a déposé quelques conclusions concernant la récente affaire non élucidée complètement.  

Primo : Il s’agit bien d’Etres venus de l’Espace.

Secundo : Ces Etres n’ont pas d’intentions, ni belliqueuses ni autres.

Tertio : Pour le moment nous n’avons pas pris de mesures à leur égard, puisqu’elles seraient incompatibles avec le respect général de toute vie qui est la règle primordiale de notre Constitution Planétaire.

 

Voilà. C’est tout. Je conviens cependant parfaitement avec vous tous que cela nous pose un épineux problème et pour l’instant nous n’avons pas d’alternative à proposer que le statu quo. Que chacun soit extrêmement vigilant, respecte les consignes d’hygiène personnelle et celles pour la consommation de l’alimentation. Je vous rappelle qu’il vous est conseillé, dans votre intérêt, de ne plus consommer de crudités jusqu’à nouvel ordre.  Puis-je profiter de cette courte allocution pour vous dire à tous et à chacun en particulier mon immense respect, ma très grande affection et que je me sens solidaire de vous.   

 

***** 

 

C’est la consternation, l’incompréhension mêlée d’un peu d’énervement. Sur la planète entière chaque citoyen a pu entendre en direct cette courte intervention du Président transmise par toutes les chaînes, après des semaines d’incertitude. Tous conviennent que l’allocution est loin en dessous des attentes et  tellement ambiguë que personne n’aurait idée de la qualifier d’information. Depuis des semaines tout le monde a entendu parler d’abord de prolifération pathogène, puis d’un danger potentiel d’épidémies, ensuite de « choses mal définies » et maintenant ce sont des Etres venant de l’espace ! La curiosité naturelle n’a pas été satisfaite : Où et quand sont-ils arrivés ? Par quel moyen? Comment sont-ils ? Pourquoi a-t-il fallu tout ce temps avant de pouvoir dire que ce sont des Etres ? Pourquoi le gouvernement ne les montre pas ? Comment le contact a-t-il eu lieu ?  Pourquoi à ce sujet toutes ces consignes astreignantes et combien de temps faudra-t-il encore les observer ? Et pourquoi cette nouveauté dans le discours à propos de respect, d’affection et de solidarité ? Sans réponse à ces légitimes question, c’est l’imagination des gens qui supplée en créant des fantasmes par milliers.

 

Les humains sont pourtant d’un naturel doux et docile en ce début du quatrième millénaire. Depuis longtemps les guerres ont été enrayées, les religions et les sectes mises aux oubliettes, le nucléaire abandonné. Les aliments et les autres biens de première nécessité sont distribués à tout le monde, et les soins médicaux sont acquis pour chacun, l’argent n’existe plus : tous ces facteurs ajoutés aux caractéristiques génétiques humaines modifiées à grande échelle ont radouci les moeurs et effacé l’agressivité latente qui perturbait les ancêtres. Les membres du Gouvernement  Planétaire sont élus par la population sans campagnes électorales mensongères : après plus de mille ans de lutte, les alter-mondialistes, ces étonnants précurseurs d’alors, semblent avoir eu raison pour s’allier l’adhésion de tous les peuples.  Il y a cependant un revers à cette belle ordonnance : depuis vingt générations, le manque d’émulation a eu pour conséquence directe que la recherche scientifique stagne, et qu’il n’y a même plus eu d’avancée technologique marquante, plus de renouveau dans l’art et une baisse générale dans le pouvoir créatif de la pensée.     

 

Après l’allocution du président, dans les parcs, sur les places, dans les réunions, dans les foyers, les hommes et les femmes voudraient pourtant un peu moins de flou dans le discours et un peu plus de détails :

 

-       De la manière dont notre président en a parlé, on pourrait déduire que ces Etres ne nous ressemblent pas du tout. C’est bien dommage.

-       Je suis d’accord avec toi. Ces Etres ne doivent même pas ressembler à ce qui vit autour de nous, sinon la Commission n’aurait pas eu besoin de plusieurs semaines, avant de conclure qu’ils sont vivants.     

-       Et s’ils étaient énormes, un peu comme nos hautes collines ou comme nos montagnes ?

-       Tu veux rire, je suppose ? Nos reporters en auraient fait un scoop !

-       Bof ! Ou seraient-ils au contraire minuscules ? Petits comme des souris ou comme des moineaux ?

-       Ce qui me gène, c’est d’abord cette alerte à la prolifération pathogène... Comme si ces êtres portaient des germes dangereux de maladies inconnues de notre médecine... 

-       Quelqu’un peut-il supposer, ce n’est qu’un exemple, que cette prolifération pathogène aurait déjà fait des victimes parmi les humains ?

-       Et nous n’aurions pas été mis au courant ? C’est impensable.

-       Impensable ? Pas vraiment, ils auraient omis de nous donner des détails qui sèmeraient la panique, non ?

-       Admettons. Mais prenons le cas où ces Etres étaient d’un genre de non basée sur le carbone ?

-       Tu veux dire par exemple basé sur le silicium ? Dans ce cas j’ai l’intuition qu’ils seraient rigides et qu’ils ne bougeraient pratiquement pas. Mais  oui, tu peux avoir raison.  Comment être certain qu’ils sont vivants dans ce cas ?  Pourraient-ils représenter un danger pour notre santé ?  

-       N’oublie pas que le président a dit qu’une de leurs conclusions au sujet de ces êtres était qu’ils n’ont pas d’intentions, ni belliqueuses ni autres.

-       Avons-nous sur terre des êtres vivants qu’on peut qualifier par cette même paraphrase ?

-       Evidemment ! Les végétaux n’ont aucune intention, la plupart des animaux n’en ont pas non plus : ce sont pourtant des êtres vivants que nous respectons. Ils vivent, poussent, se reproduisent, meurent, sans aucune « intention », peut-être seulement par instinct... s’ils en ont un.  On n’a toujours pas pu reproduire la « vie » à partir de rien ...

-       A mon avis, notre président est gravement malade : il serait venu nous parler une dernière fois, en faisant ses adieux en nous parlant de respect, d’affection et de solidarité...     

 

***** 

Le départ de cet afflux de commentaires flous et d’information parfois contradictoire provient d’un appel radio en provenance du prestigieux navire-école NOBODY, parti en mission officielle mais confidentielle, et voguant au large quelque part dans le Pacifique. Il avait atteint sa cible.  

 

Ce jour là aussi, agglutinés en rangs concentriques, par centaines, les Européens stoïques et spartiates attendent à l’abri de leur coque protectrice individuelle. Embarqués un peu par hasard à bord du vaisseau spatial, le voyage d’une durée particulièrement longue, se termine enfin et la vie normale va pouvoir reprendre son cours. Au début ils avaient prospéré, grâce au bétail embarqué en même temps qu’eux. Depuis longtemps les réserves sont épuisées, mais habitués à des conditions de vie nettement plus rudes sur leur planète, ils ont assez facilement survécu à ce manque de ressources. A présent, alors que le vaisseau est secoué de toutes parts, ils se conforment au règlement : rester groupés, ne pas bouger, ne pas prendre d’initiative intempestive, attendre le débarquement dans le calme et la sérénité. La liberté d’action viendra tout de suite après.  

 

A l’extérieur du vaisseau, règne à présent une grande animation, mais les Européens y sont insensibles. Entendent-ils les cris d’émerveillement des archéologues marins ? Se réjouissent-ils comme eux ?

 

- Eh dis donc ! Regarde-moi cette inscription : c’est du cyrillique. « S-L 163 – 1996 »    Waw !

- Fichtrement bien conservé l’engin. Après tout ce temps au fond du Pacifique.

- Prudence avec ce genre de capsule... elle doit encore contenir sa charge nucléaire. Avant de tenter d’ouvrir les mécanismes on consultera les archives...  Gérard, as-tu ton matériel ?  Toi aussi Kevin ?

 

Deux heures plus tard les spécialistes sont à l’oeuvre :  ils savent maintenant que la capsule contient la sonde spatiale ayant recueilli des échantillons de l’atmosphère et du sol ainsi qu’un immense nombre d’images de la plus grosse planète de Jupiter. Leur souci majeur concerne la charge de plutonium, mais ils sont équipés pour la récupérer et la désactiver.  Dans la grande salle du premier pont, tous les étudiants attendent dans la joie et dans l’impatience de pouvoir assister à l’analyse des échantillons et de visionner ces images venues des confins du système solaire il y a déjà un millénaire.

 

**** 

Personne n’a pu détecter les Européens qui s’y trouvaient : ils avaient à peine laissé quelques traces de leur présence dans la glace des échantillons. Trois jours plus tard, plus de la moitié des occupants du navire-école succombaient à une mystérieuse attaque virale sans précédent sur la planète.  Il était trop tard pour les hommes de la Terre, les Européens étaient partout, dans l’air, dans l’eau, à l’intérieur d’innombrables cellules vivantes. Ils s’y propageaient en se multipliant au détriment du métabolisme des cellules. 

 

 

(*) originaires de la planète Europa.  

21/03/2017

PLAGIAT

pllagiat.jpgNous sommes quelques milliards écrivant chaque jour l’une ou l’autre phrase. Sommes-nous certains que notre sentence est originale et unique ? Même si on ne fait pas du « copier/coller » ? Avant de publier quoi que  ce soit il faudra vérifier : dans toutes les langues et … dans tout l’univers (même l’univers parallèle).

Pareil pour un phrasé musical, alors que les rythmes… Et bientôt pour l’image et notre propre look...

20/03/2017

DEVIATION

Nous revenions d’avoir rendu visite à un ami de Genève et rentrions à Ornans où nous logions.

déviation.jpgA Pontarlier tout se compliquait par une « déviation » pour travaux. Avez-vous aussi remarqué que très souvent il n’y a plus aucune aide au voyageur dévié ? C’était notre cas.

Nous tournions en rond à la recherche d’une indication, un panneau ou n’importe quoi d’autre. Tout à coup je voyais arriver une voiture avec une plaque française et je dis à Jipi :

-       Il a l’air de s’y connaître, il va vite. Suivons-le !

Ce qui fut fait.

Il est évident que le conducteur de la voiture française s’y connaissait : il habitait un petit patelin en cul de sac…

Nous étions les pigeons.

Cela m’étonne encore que le soir même nous arrivions quand même à Ornans…