10/05/2017

J'Y ETAIS DE 1947 A 1950

Kledij+van+de+Dames+Bernardinen.jpgLà-bas, sur le domaine de mon ancien pensionnat, tous mes souvenirs sont effacés. C’était à Bassevelde, commune rurale de la Flandre Orientale, à proximité des Pays-Bas.
Avant c’était comme ceci : chapelle, communs du couvent, couvent et tout au fond en briques rouges l’école moyenne et le pensionnat.

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L’orphelinat, logé dans une spacieuse villa n’est pas visible sur la photo : il se trouvait à gauche et derrière il y avait l’hospice des vieux et la morgue.

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Tout autour des potagers, des vergers, un petit bois dortoir.jpget beaucoup de verdure.
Nous étions pratiquement toutes pensionnaires mais quelques filles habitaient la commune et rentraient chez elles après les cours.
Bassevelde1.jpgAujourd’hui ? Tout a été abattu et à l’endroit une maison de repos moderne a vu le jour.

 

 

Qui sait, si j’y allais, je rencontrerais peut-être là d’anciennes condisciples ?

09/05/2017

LES BRUXELLOIS DE 1906

C'était quand Bruxelles bruxellait

ils étaient tellement distraits ! 

En un seul mois (Juin) ils oubliaient

tout ceci dans les voitures des tramways.

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08/05/2017

CONTROLE TECHNIQUE;

Demain Jipi présente sa monture au contrôle technique. Pour parer au pire il avait pris rendez-vous pour que le garagiste fasse une vérification, pour la vidange et un réglage éventuel des phares.

Vers midi, voilà que le garagiste l'appelle au téléphone pour annoncer que la rotule avant-droit a du jeu. Il faut remplacer.

En fin d'après-midi Jipi pouvait reprendre son cheval moyennant paiement de 460 €.

Sa réaction après cette ponction ?

- Alors, là, c'est moi qui suis sur les rotules !

 

07/05/2017

NOUS SOMMES LES MEILLEURS

DSCN0654.JPGHier matin, aidé par son auxiliaire de neurone, Jipi a fait les dernières recherches sur internet pour voir les adresses et les articles proposés ; INTERNET ce n’est pas le pied.
Finalement nous avons décidé de tenter notre chance à Lomme. Bingo !
Nous sommes les meilleurs.
Le clic-clac avant :

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Le même rhabillé avec une housse en belle suédine (encore un peu froissée car fraîchement sortie de l’emballage).

06/05/2017

LE CARTOON QUE JE PREFERE

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Pensez pourtant qu'un Français sur 5 se rallie aux idées de la dame.

04/05/2017

BARCO NEGRO

J'ai vu ce film au Congo en 1957. Encore aujourd'hui j'en ai des souvenirs émus. Ben oui : j'étais folle amoureuse d'un Portugais.

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La découverte du fado avec la voix d'Amalia Rodrigues ... sont des choses qu'on ne peut jamais oublier. J'ai revu la grande dame lors de ses derniers concerts - l'un donné à Dilbeek près de Bruxelles - où j'étais avec ma fille : fabuleux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Seul reproche : sono trop bruyante.

 

MA VUE BAISSE

Il est donc normal que mon regard se soit posé sur la housse de banquette du bureau. Elle est dans un état, je ne vous dis que cela !
A force d’avoir cueilli le corps beau de Jipi – qui réfléchit mieux, dit-il, dans l’état allongé à l’horizontale – elle a subi toutes ses pensées corrosives.

… Probablement pas que ses bulles intellectuelles, vous voyez ?
En général, au bout d’un quart d’heure, les réflexions profondes de Jipi émettent alors un léger ronflement régulier, qui lui, dure bien plus d’une heure !

Il me faut trouver une nouvelle housse, matelassée et décorative ne jurant pas avec le bleu des murs et le jaune orangé des tentures.
Demain soir nous partons à Lille. Le samedi sera consacré à la visite des
commerces. D’avance je sais que nous avons peu de chances de trouver une
housse en largeur de 120cm sur 2m de long : les banquettes actuelles font une largeur de 130, 140 ou 160 cm et ne dépassent as le 1,95 m en longueur. Si j’en trouve une en 130 ça ira quand même.
Il faut que Jipi puisse continuer à penser dans un divan confortable…

03/05/2017

A LA PECHE PARFOIS LE POISSON MORD

02/05/2017

LE TRIPORTEUR.

Ma fille était déjà  sur place dans cette petite ville balnéaire ; elle avait fait le trajet en cycle triporteur dont le coffre était surmonté triporteur.pngvalet.jpgmallecantine.jpgd'un portique porte-vêtements garni de toutes ses robes et ensembles pour le séjour. Dans le coffre du triporteur trônait une malle-cantine. 

Son logement donnait sur la rue et se composait d'une pièce unique déjà  encombrée par le bric-à -brac dont ma fille détient le secret.

A mon arrivée elle présentait tout de suite un plat de fruits de mer et un  autre de légumes d'hiver en pot-au-feu. Je remarquais qu'elle avait fait friser ses cheveux qu'elle portait en boucles anglaises façon tire-bouchon.

Je n'ai pas eu le temps de goûter à  ses plats : le vent s'était levé et le triporteur qui n'avait pas de frein à  main se mit à  rouler de plus en plus vite, comme un char à  voile. Nous voilà  toutes deux à  lui courir après.

Au bout de la rue nous ne le voyions plus : ma fille a bifurqué à  gauche et moi à droite.

Ensuite j'ai rencontré une personne de ma connaissance qui n'avait pas vu le triporteur passer. Ensemble nous sommes retournés au logement de ma fille.

Elle avait récupéré son véhicule, était en selle et donnait le signal du départ.

...

Là -dessus je me suis réveillée avec des crampes dans les mains et les pieds : normal ! J'avais trop couru.

01/05/2017

LA BELLE AU TERREAU

C'était donc comme une journée à l'opéra. Cela m'a bien occupé pendant au moins deux heures et demie. 

Enfin, je ne regarderai plus des jardinières tristes et vides : il y a déjà un peu de couleur : du rose bonbon, du blanc virginal et du rouge carmin. 

Il me reste du terreau et des pots : ils prendront probablement des fleurs à tonalités orange, bleu et jaune. Je n'ai pas encore décidé.

Il faut aussi que je vous dise que j'ai constaté avec horreur que Jipi est un lapin  froid ! Ce petit salopard aime les douches à gros débit et il avait donc manipulé les manettes en conséquence, sans les remettre dans leur état préétabli. J'ai eu une douche (presque) froide : je n'ai pas apprécié !

Nous n'avons pas trouvé non plus un porte-serviettes à poser. Il y a ici des  tiges en bambou de différentes longueurs et j'ai de la ficelle : vais-je fabriquer une petite "échelle" à poser ? Dans les commerces "in" ils en vendent et c'est assez cher.

Mais non, je ne vous demande pas de répondre :  vous ne savez pas ce que j'ai en tête ! (Il vaut mieux d'ailleurs, car vous en subiriez les conséquences et je vous le dis :  ce n'est pas toujours confortable.) 

 

 

FETE DU TRAVAIL

30/04/2017

BREDOUILLES

Partis ensemble dans une belle complicité pour notre expédition punitive au Brico de Berchem-Ste-Agathe, afin de ramener du terreau en petits sacs, des géraniums et d'autres plants, une plaquette électrique aveugle et un porte-serviettes à poser, nous sommes revenus bredouilles.

A l'entrée du magasin, un piquet de grève interdisait l'accès.

Je n'ai pas bien compris le bien-fondé de cette action : perte d'emplois par la restructuration envisagée.

Comment alors expliquer que - selon le responsable du syndicat sur place - le commerce sera ouvert ce dimanche 30 avril de 9 à 17 heures ?

On y retournera pour voir !

29/04/2017

OBJET CONTONDANT TOUT NEUF

DSCN0645.JPG... et Jipi  est content !

 

Moi aussi. Je vais pouvoir me défouler.

28/04/2017

TOUT FLINGUER ?

Quand les choses ne se passent pas (ou plus) comme je l'entends, il me reste deux solutions :

  • ou bien je traite le problème avec plus ou moins d'obstination et de persévérance 
  • ou bien (je suis TRES impulsive) je bazarde tout et tant pis.

dalmatien.jpgHier j'en étais venu à la conclusion que je n'avais plus qu'à flinguer le pc. Mais bof... sauf ce fichu accès à mon blog skynet, je n'avais pas d'autre problème majeur. Alors ? J'ai laissé la vie à ce pc.

Il faut quand même que je souligne que ni skynet.be, ni Microsoft Windows 10 ne m'ont aidé : ils ont ponctuellement accusé réception par courrier automatique et c'est tout.

N'y a-t-il pas ce fameux proverbe toujours d'actualité : Aide-toi, le ciel t'aidera.

J'AI PEUT-ETRE TROUVE LE TRUC

En tournant et retournant mon problème...à moins que Skynet ait fait le nécessaire entre-temps...

Qui vivra verra.

27/04/2017

BONJOUR !!! BONJOUR !!!

Incroyable, mais vrai !

Je me suis débrouillée pour tout récupérer. 

BRAVO MOI ...

14/04/2017

EN UN JOUR ???

… Il reste ce jour pour tout terminer… Je n’y crois pas.

Le carrelage mural de la salle de bain est terminé sauf les joints, le plateau de douche est posé mais pas son encadrement, ni aucune robinetterie. Le lavabo et les autres accessoires sont dans le bureau, posés au sol. Le cadre de la fenêtre du vasistas est à réparer, le radiateur dort  dans le corridor, le lave-linge aussi.

Il paraît que le carrelage mural du WC sera renouvelé ainsi que le pavement… Faut-il donc prévoir un autre jour sans popo ? Il vaudrait sans doute mieux de s’expatrier pendant quelques jours du côté de Lille. Pour le moment ça n’arrange pas Jipi. Il a accepté d’animer une petite causerie l’après-midi du lundi de pâques dans le namurois… Je ne l’accompagnerai pas et resterai ici à remuer la fine poussière qui fait éternuer et tousser.  

QU'IL EST DOUX DE NE RIEN FAIRE

quand tout s'agite autour de moi

dans le living

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et sur le toit (du garage) !

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13/04/2017

YENDEEE!

Cela ne nous étonne plus du tout qu’il y ait tant de travaux ! Tout a été pensé, pesé, et s’exécute par conséquent.

Hier il n’y avait pas une goutte d’eau de disponible, mais j’avais pris mes précautions en faisant provision pour l’essentiel.

De 2h à 6h de l’après-midi : plus de chiotte non plus. Nous avons dû fermer nos robinets biologiques à double tour.

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Voici le pot, sur le flanc, à l'entrée de la salle à mangerr

Avant, l’évacuation des eaux usées de la cuisine passaient à travers les murs pour aller dans des tuyaux longeant la baignoire. Une douche n’a évidemment pas cette épaisseur. C’est pourquoi toutes les tuyauteries d’arrivée et d’évacuation d’eau ont été repensées et refaites, jusque dans les WC. Du coup, nous voilà dotés d’une chasse d’eau très moderne et encaissée : cela cache les boyaux qui n’étaient pas très esthétiques.

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A l’heure où je rédige cette note (mercredi 12 avril 18h) nous ne pouvons toujours pas aller au pipi ni au popo : il n’y a plus de pot ! Franchement cela commence à devenir un peu pressant. Nous avons bien un seau ou deux et plusieurs casseroles… ainsi qu’une évacuation possible soit en vidant le contenu dans la bonde sur le balcon, soit en balançant le tout par la fenêtre : cela ferait de l’engrais pour les magnolias, si nous visions bien.

Ils étaient deux à travailler et l’on voit nettement l’œuvre avancer… la crasse aussiDSCN0623.JPG

C'est l'entrée, commun, en sortant de l'ascenseur...

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Ceci est le corridor dans l'appartement

 

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Et voici le dégagement de nuit vers la chambre à coucher.

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Le plombier accroupi à l'oeuvre

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Et ici c'est le vieux Jipi qui fait sn jogging rapide, tellement rapide qu'il est flou !

Porca miseria ! Vivement vendredi soir.

12/04/2017

QUEL BORDEL !

C’est donc le bordel complet ! En homme super-intelligent le mari de madame a coupé l’eau dans la salle de bain et aussi dans la cuisine. Sans prévenir… il l’a affirmé quand c’était irrémédiablement fait.

Mais nous ne sommes pas sans points d’eau, n’est-ce pas ? Il reste la chasse du W.C. et le petit robinet du lave-mains dans le même endroit : c’est SUPER ! Avec un petit récipient bas nous pouvons y soutirer jusqu’à 400 ml par coup !

Avouez que ce sera pratique pour se laver, pour faire la vaisselle, pour cuisiner et éventuellement pour donner un coup de fraîcheur dans le corridor et ailleurs.

J’ignorais complètement que pour installer une douche il fallait démonter toutes les faïences murales… même celles derrière le radiateur, qui a été déposé, lui aussi.

Entre-temps le miroir, le lavabo et son meuble support ont trouvé refuge dans le bureau : pratique.

Donc : voici une image du boulot « pendant ».

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Comme j’étais en ville dans l’après-midi (là aussi c’est le bordel le plus complet) Jipi m’a dit être content que je n’ai pas entendu les coups de massue donnés dans la baignoire : il paraît que c’était dantesque.

… (nous sentirons un peu mauvais aujourd’hui et demain… la toilette dans un lave-main sera très sommaire !) …

11/04/2017

SEMAINE SAINTE ? NON ! SEMAINE SALE

C’est aujourd’hui que ça commence. Ils seront à l’œuvre dès 7h30 du matin et tant pis pour Jipi qui ne pourra se prélasser jusqu’à 8 h. Comme vous le voyez, je suis debout, moi.

Le mari de notre proprio a voulu débuter les travaux avec un jour d’avance sur le délai annoncé.

Pleurez-donc dans vos chaumières ! Pendant 6 jours (démolition baignoire, reconstruction douche et canalisations,  ensuite finition et séchage du carrelage mural) nous ne pourrons pas utiliser la salle de bain : faudra se débrouiller dans l’évier de cuisine… si le gars ne coupe pas l’eau… Notre œuf de pâques promet de fleurir bon le fauve (lapin ???)

Ya+ka aller se laver à Lille ? On verra.

AVANT C'ETAIT COMME CECI :

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10/04/2017

PROBLEME SKYNETBLOGS

Suis-je la seule sur les skynetblogs à ne pas pouvoir ouvrir correctement d’autres blogs skynet ? C’est le cas pour mes liens suivants : Cassandre, Chadou, Frédéric, Michel du Jura, Nays…

Pour les blogs qui se trouvent ailleurs que sur Skynet : ça s’ouvre mais cela se bloque si on veut commenter…

Les autres sites sur la toile fonctionnent bien, sauf un ou deux…

les YEUX QUI GRATTENT

09/04/2017

PETIT DEJ AU SOLEIL

ET EN OMBRE CHINOISE...

CHINOISE1.jpgCHOISE2.jpg

08/04/2017

JUMELAGE

 

              LE GRAU DU ROI

              BOURG LA REINE

LE SAC A POUX.

Quand j’étais encore toute gamine il arrivait que j’accompagne ma maman lors de ses visites chez les voisines. En somme, j’étais son chaperon car ces femmes d’ouvriers avaient un franc-parler aggravé par l’accent du patois gantois plus ou moins vulgaire. C’était pour maman une manière de s’évader du quotidien, de s’encanailler un peu et surtout d’en apprendre…

Souvent je faisais semblant de ne pas écouter la conversation mais tout entrait dans mes oreilles avides. On y tenait des propos que la décence ne me permet pas de reproduire, consciente que je suis de l’état potentiel de puceau et de pucelle de mes lecteurs et lectrices.

Hum.

J’y entendais aussi de graves âneries ! Ainsi donc, étant sur place parce que la maman de la voisine était malade et alitée, la Mariette nous prévenait :

-       Il ne faut pas vous en approcher car son sac à poux a pété et elle est infestée !

-       Son sac à poux ! m’écriai-je abasourdie par tant de connerie de la part d’une adulte.

Et elle, convaincue et prête à m’éduquer (???)

-       Bien sûr. Toutes les personnes en ont un, là (elle montrait le bas de sa nuque) et quand on a de la fièvre, il pète à cause de la chaleur.

Ma question :  votre sac à poux a-t-il déjà pété ?

 

07/04/2017

VILLE FLEURIE

 

Vers la mi avril, les ouvriers horticoles sont à l’oeuvre dans les squares, jardins et parcs de la ville. Cette année la floraison sera des plus spectaculaires, leur a assuré le nouveau chef horticulteur. Il a tenu a former lui-même les équipes et a nommé pour chacune un « capo ». Le capo doit scrupuleusement suivre le programme : tel jour, telle heure, dans tel square ou tel parc.  Chacun a reçu le schéma de plantation et les plantes dans la fourgonnette sont numérotées par lot. 

 

Ah ! On peut dire que le nouveau chef horticulteur est quelqu’un de spécial.  Lors de la mort mystérieuse de l’ancien chef – par autocombustion dans la serre – et après une multitude d’incidents pas naturels, le poste vacant laissé par le défunt n’était pas très prisé. Aucun des ouvriers spécialisés n’a posé sa candidature, ils étaient tous sous l’emprise d’une peur superstitieuse, alors que plusieurs d’entre eux auraient pu assumer cette tâche. C’est alors qu’on a vu débarquer le nouveau au début de l’été. Il semble qu’il ait  demandé lui-même sa mutation, car il aurait été l’intendant des palais de la ville. Certains pensent qu’il n’était plus très présentable suite à sa maladie ce qui explique son empressement pour venir prendre la place du mort.  Au début la plupart des ouvriers ne le trouvaient pas sympa, mais actuellement tous conviennent que le nouveau est un vrai bosseur et qu’il a le juste sens des relations humaines.  Jamais il ne profère un mot plus haut que l’autre, il n’est plus jamais question de rebuffades devant les collègues. Au contraire,  les hommes sont souvent félicités ou encouragés.  Ils ont pourtant encore du mal à s habituer à la tête du chef. Le pauvre est affligé d’un affreux oedème facial bilatéral, d’un teint franchement malsain, où les yeux s’enfoncent comme de petites billes couleur de plomb. Pour cacher tant soit peu ce gonflement disgracieux, l’homme affectionne le port d’une barbe poivre et sel, volumineuse et assez mal entretenue, dans laquelle les pustules de folliculite d’un rouge vif creusent des petits cratères répugnants. Le surnom pour le malheureux était tout trouvé : d’abord on l’a appelé « le nain de jardin » maintenant on se réfère à lui comme « le nain » tout court.  Il n’est pourtant pas de petite taille.

 

Les ennuis de l’ancien chef horticulteur ont commencé quand il a conçu le projet de métamorphoser la ville entière en un gigantesque parc de crop-circles artistiques. Les dirigeants de la ville étaient enthousiastes : cela allait attirer les touristes du monde entier et donc de l’argent pour les commerces et les hôtels. Fini de planter des pétunias, des cosmos, des tagètes et des rosiers : il fallait semer de l’orge, de l’avoine, du blé. L’ancien prétendait qu’il avait un « truc », une sorte de programme alliant micro-ondes et GPS actionnés par ordinateur et que cela marchait à tous les coups. On raconte qu’il en a fait la démonstration convaincante quelque part dans un champ devant le corps  municipal au complet. Mais par un concours suspect de circonstances malheureuses il n’a pu mettre en oeuvre ce projet grandiose.

 

Un tas de petits et gros incidents se sont en effet cumulés. Après l’inondation dans la réserve où étaient stockés les sacs de graines, il y eut subitement un incendie dans le bureau et tout le matériel informatique était détruit. Comme si cela ne suffisait, pas un matin  toutes les pelles et les râteaux avaient disparu : on les retrouva coulés en lingots grossiers tandis les manches formaient  un tas de sciure au milieu de l’allée centrale. A certain moment les brouettes et les tondeuses avaient été volées...  Ce n’était que le début des ennuis : le chef fut affligé de mille maux.  D’abord il attrapa une mauvaise grippe qui dura des semaines,  puis il eut la rougeole – à son âge ! –  un peu plus tard il souffrait à la fois de grande pécole (la peau des fesses qui se décolle) et du quissequisse (le nombril qui se dévisse) pour enfin aboutir à cette triste fin : il s’est transformé en cendres devant le parterre des boutures de géraniums, si bien qu’il ne fallait même plus organiser sa crémation.

 

Le nouveau chef n’a pas le même genre d’ambitions : il à claironné haut et fort qu’il se contentera de fleurir la ville pour le plus grand bonheur des citadins.  L’homme paraît tout simple et sauf l’absence d’une vie privée normale qui intrigue les hommes, il n’y a rien à en dire. Il possède bien une voiture personnelle avec laquelle il part parfois s’approvisionner dans un supermarché. Mais dès le départ des ouvriers le soir, jusqu’à leur retour le lendemain, cette voiture ne bouge pas d’un poil : elle demeure garée devant la remise de l’outillage dans laquelle on voit de la lumière toute la nuit. Ce gars-là n’aurait donc ni foyer, ni famille, ni appartement ou maison ?  

 

La curiosité titille cependant certains esprits. Il est arrivé que sous divers prétextes l’un ou l’autre des ouvriers s’aventure autours des pépinières et des serres municipales tard le soir, rien que pour pouvoir renseigner les collègues. Bien mal leur en a pris : soudainement aveuglés par une puissante lumière venue de nulle part, ils se sont sentis confus, se retrouvant hébétés dans la rue à se demander ce qu’ils y font cette heure tardive.

Mais que fait donc le nain toutes les nuits  dans la resserre à outils ? Et d’où vient cette lumière surnaturelle ? On chuchote beaucoup, on se perd en conjectures, les rumeurs vont bon train comme toujours, mais en vain.

 

- - - - 

 

A la mi-mai tous les travaux horticoles préparatoires sont terminés.  Les citadins  intéressés s’arrêtent pour admirer le travail et émettent diverses hypothèses sur le nouveau style de la décoration florale. Elle semble un peu particulière n’associant que deux couleurs par pièce fleurie : les sauges bleues dominant le jaune des oeillets d’Inde ici, ou là-bas le rouge vif des bégonias associé au blanc des anthémis, et le long du parc les thunbergies oranges avec le bleu délavé des scabieuses, ou encore le mauve des aubriettes avec et le tons pastels des bégonias. D’un parterre à l’autre l’arrangement est différent, mais partout il y a un point commun. Dressés sur un petit monticule pour encore mieux attirer le regard, un groupe de deux à cinq plantes se démarquent par leur taille énorme, par des vrilles aériennes spiralées comme des ressorts et une hampe florale promettant des fleurs hors normes.  Les plus curieux des admirateurs se confondent en suppositions, les plus documentés cherchent dans leurs livres de jardinage ou dans leurs encyclopédies afin de pouvoir nommer ces plantes qui grandissent à vue d’oeil.

 

Et puis les citoyens s’habituent, ils sont si vite blasés.  Rares sont ceux qui s’arrêtent encore délibérément pour admirer les fleurs.  Pourtant, des plantes de trois à quatre mètres de haut, avec des tiges comme des petits troncs d’arbre et des ramifications vrillées de la grosseur du bras portant chacune une fleur gigantesque aux tons différents de toutes les couleurs de l’arc-en- ciel, cela devrait les interpeller. Mais rien.

 

- - - 

 

C’est à partir de la mi-juin que la ville est secouée et émue par un nouveau genre de criminalité. De partout on signale des disparitions de bébés, d’enfants, de jeunes gens, d’adultes jeunes ou vieux. La suspicion envers les semblables  grandit, la haine aussi. Les bureaux de police sont submergés par des plaintes de personnes en larmes, venant déposer qu’en un instant leur enfant, leur compagne ou leur compagnon a disparu sans laisser de traces, aux environs des dix heures du soir.  La ville décrète un couvre-feu : en plein été cela ne fait pas plaisir.  En soirée les fêtes populaires et les manifestations de masse sont interdites.  Mais cela ne freine pas les disparitions mystérieuses, que du contraire. Un fait est sûr : il n’y a qu’en cette ville que les gens disparaissent en masse à la tombée de la nuit, ailleurs dans le pays tout est normal.  

 

On aurait bien voulu dresser le portrait robot du ravisseur qui n’a pas été directement observé et dont le vol ne semble pas être le mobile. En effet, les sacoches de ces dames, les  sacs à dos des garçons, les caddies des vieilles dames : tout cela est retrouvé intact sur le lieu de la disparition.  Un phénomène de paranoïa social s’installe et beaucoup de personnes inventent avoir rencontré l’auteur des rapts : inconsciemment ils dénoncent des voisins ou des gens de passage dont la tête ne leur revient pas. Plus personne n’est à l’abri d’une dénonciation et la police ne sait plus ou donner de la tête. Jusqu’à présent on n’a pas la preuve que les ravis aient  été assassinés : pas de  cadavres suspects nulle part, alors que le nombre de disparus frôle déjà le tiers de la population totale de la ville. La panique ronge les cervelles des gens, et le nombre de suicides va de pair avec le nombre de disparus. La vie devient intenable parce que chaque famille est touchée : ceux qui le peuvent fuient la ville pour se réfugier dans leur famille ou chez des amis à la campagne.     

 

- - -

 

Au début du mois d’août  le nain a pris ses quinze jours de vacances, comme tout le monde.  Il en profite pour faire le tour de son oeuvre et  d’aller admirer partout les décorations florales dont il est l’inventeur : il n’a pas encore eu l’occasion de les voir de ses propres yeux. Son état physique a empiré : son corps entier est enflé et des abcès mûrissent dans ses articulations et dans ses chairs. Il n’a pratiquement plus de visage : il est devenu hideux.  Tout lui est indifférent désormais : il ne vit plus que de sa souffrance et il regrette de n’être pas déjà mort.

 

Il s’arrête enfin près des étangs du Rouge Cloître, là où il a fait planter trois douzaines de Drosera, génétiquement adaptés à LEURS besoins.  ILS lui avaient donné l’ordre de planter ces herbacées vivaces sur lesquelles ILS travaillaient. Le nain pense savoir aujourd’hui quel était LEUR but.  Il LES a vu prélever du jus sur des tiges de drosera qu’ILS nourrissaient avec de petits vertébrés.  Il LES a vu boire ce jus répugnant en manifestant un grand contentement. 

 

Ici les fleurs sont particulièrement belles, chacune a une envergure d’un mètre au moins. C’est magnifique.  Le temps a été très ensoleillé, la nuit sera tiède. Il s’assied sur le gazon tout près du parterre - assez insolite à cet endroit près de la berge d’un des étangs - et il attend, sans frayeur, dans le calme et dans l’acceptation.   

 

- - -  

 

A la fin du mois de septembre une petite annonce est insérée dans la rubrique « offres d’emploi » d’un journal local :

 

OFFRE D’EMPLOI

 

La Ville organise un concours en vue d’octroyer

le poste de chef horticulteur devenu vacant.

Le candidat sera porteur d’un certificat d’études secondaires

sera âgé d’au moins 18 ans, sera de nationalité Belge

et habitera la ville ou sera décidé à venir y résider

dès sa nomination

 

Candidatures à envoyer à ..... etc. etc.      

05/04/2017

LE CRASH

Son aura s’échappe de toutes parts

 

Il est 2 heures 58 du matin à la Gare de l’Ouest. Le lieutenant N’Dadin AKass peut maintenant se brosser : jamais il n’aura le grade de capitaine. Il vient de s’en rendre compte brutalement, on peut le dire !  N’est-ce pas extrêmement stupide ?  La première et la seconde phase de sa mission se sont déroulées comme prévu, dans les temps et à la perfection, il n’avait plus qu’à décoller pour rejoindre sa base sur la face cachée de la Lune. Et voilà qu’un train de marchandises est venu remettre tout en question.  C’est ce qu’il pense en se relevant après la chute.

 

Il s’extrait péniblement du poste de pilotage et revit en pensée comme dans un film les événements de cette nuit.

 

- N’Dadin Akass tu iras aux provisions, lui avait lancé le colonel Kaff E’Klatch en début de soirée.

 

En effet, chaque nuit quelqu’un accomplissait cette mission de routine depuis l’installation de la base. Il y avait des points de ravitaillement dans tous les pays.  Cette nuit ce serait en Belgique. 

Il s’était donc rendu au quartier général, avait vu l’intendant qui lui avait remis la liste des provisions à ramener.  Il avait parcouru des yeux la courte liste :

- dix boîtes de cinq kilos conserve de phaseolus à la sauce de lycopersicon lycopersicum esculentum agrémentée de fruits mûrs d’oléacées, de capsicum, et d’allium sativum

- cinquante baguettes croustillantes faites avec de la farine du meilleur triticum.

- cinq touques de cent litres d’eau potable.

- cinquante gallus gallus évidés, plumés et rôtis.

Bien sûr il savait très bien qu’ils n’étaient que quarante-huit explorateurs à la base : l’on chuchotait que le général d’armée et le général de division prenaient une double portion à chaque repas. Cela ne lui fit ni chaud ni froid car la portion simple lui suffisait largement.  La liste ne l’intéressait pas plus que cela étant donné que le clark volant était télécommandé et connaissait l’emplacement exact dans les dépôts à visiter.

 

Il se mit ensuite en rapport avec le commandant de l’aviation afin de disposer d’une soucoupe cargo muni d’un clark volant autonome et télécommandé. Enfin il alla cueillir sa feuille de route à étudier minutieusement avant le départ pour que la mission se déroule sans anicroche.

 

Manifestement, il n’avait pas convenablement analysé cette feuille de route, et le voilà dans la mélasse.

Il se dit que pourtant, il connaissait chaque point par coeur :

Phase 1 :

-       départ à 2 h 00 AM (heure terrestre de l’Europe Occidentale)

-       arrivée au-dessus de Bruxelles à 2 h 20 AM

-       direction « Gare de l’Ouest » et atterrissage au sud près des bâtiments des Dépôts Vicinaux.

Phase 2 :

-       sortie du clark volant autonome et envol vers le sud à l’embranchement avec la Rue Osseghem.

-       ouverture du dépôt Delhaize (protocole secret télécommandé de la Lune dont la divulgation est interdite) à 2 h 30 AM

-       chargement des victuailles par clark. (voir plan pour l’emplacement des provisions)

-       retour à la soucoupe cargo et déchargement des victuailles.

-       remplissage des 5 touques aux robinets privés vicinaux.

-       chargement des touques

Phase 3 :

-       décollage à 3 h 00 AM

-       retour à la base à 3h20 AM

 

N’Dadin Akass avait accompli le chargement de l’eau potable, il s’était mis à son poste prêt à décoller, lorsque ... Bien oui, c’était un train de marchandises et brusquement il y eut un énorme fracas de déchirement de ferraille. Il fut violemment secoué et projeté contre les parois. Manifestement il s’était posé trop près des rails, quelques centimètres plus à droite et il avait gagné son grade de capitaine et probablement son prochain retour à la planète natale. Et maintenant, que vais-je faire ? se demanda-t-il.

 

Il sortit donc de l’engin, constata avec effroi que sa combinaison étanche était déchirée à trois endroits et laissait échapper son aura protectrice qui se craquelait de partout.  Vaguement il vit arriver un autre astronef de la base : on l’avait donc discrètement surveillé et protégé. Ils allaient récupérer son épave avec le précieux chargement de nourriture.  Il regretta de n’être pas resté à bord mais n’eut pas la force d’y retourner et prit donc la décision de se désintégrer : c’était la consigne, il ne fallait pas que les habitants de la Terre puissent récupérer un des membres extraterrestres de la base, ni vivant, ni mort.  

 

Entre-temps un attroupement de terriens se formait. Ces gens venaient en s’interpellant à haute voix : le conducteur du train et les deux convoyeurs, le gardien de nuit des Dépôts Vicinaux, deux ou trois civils.

Il entendit des sirènes dans les rues au-dessus de sa tête et sut que la police ne tarderait pas à débarquer sur les lieux.  Le groupe de personnes s’arrêtaient et observaient stupéfaits la descente d’une grosse soucoupe qui aspirait une petite soucoupe posée au sol. Puis ils virent l’extra-terrestre de race noire, aux yeux lumineux jaunes entouré d’une aura jaune devenant orange puis rouge, debout près des rails : d’abord ils ne l’avaient pas remarqué dans l’obscurité des lieux. L’extra-terrestre s’effondra et les gens se précipitaient pour le voir de près et éventuellement le secourir, mais surtout curieux de ce qu’ils allaient découvrir.

 

Mais en moins d’une minute il n’y avait plus là, à la Gare de l’Ouest, ni soucoupe ni extra-terrestre à voir. Tout avait disparu sans laisser de traces.  Et le comble ? Même la locomotive du train ne montrait plus aucun indice de l’impact...  Comme il n’y avait pas de dommages, pas de blessés et qu’un léger retard d’un train de marchandises ne valait pas la peine de rédiger un procès verbal, il n’y eut pas d’enquête.

PAS PLUS DE 5 !

Dans cette période avant pâques, la commune de Molenbeek organise la collecte des déchets encombrants dans différents quartiers.

La brochure qui nous en fait part précise bien quels genres d’encombrants seront acceptés : meubles démontés, appareils électro-ménagers, pneus déjantés, bibelots etc.

Un peu plus loin nous avons lu qu’il nous reste peu de chances de pouvoir en profiter : ils ne veulent pas plus que 5 déjantés par famille !

04/04/2017

1963 JOUR DE PAQUES A LEOPOLDVILLE.

Les cloches repartaient de Rome et en faisant un grand détour elles passaient à Léopoldville ou elles larguaient des chocolats en barre encore dans leur emballage d’origine.

Le matin les enfants privilégiés découvraient parmi les plantes de la terrasse ces dons du ciel.

Il était évidemment dommage que ces chocolats dataient de Mathusalem, mais dans leur emballage cela ne se remarquait pas. Après ? Le chocolat avait un aspect brun-gris : pas trop appétissant. Et le goût ? Infect.

Heureusement qu’il y avait des sorbets à la fraise dans le réfrigérateur…