24/01/2017

OPHTALMO

Avec de l’atropine dans les yeux… il vaut mieux ne pas conduire. C’est pourquoi Jipi est parti chez l’ophtalmo en taxi et qu’il reviendra ( je l’espère !) par le même moyen.

A toutes fins utiles j’ai quand même prévu un repas du soir : des fois que le taxi le dépose vraiment devant l’entrée et que Jipi retrouve le code pour ouvrir la grille. Sinon ?

Je me demande vraiment quoi.

Pas vous ?

LA FERRARI

ferrari.jpgUne Ferrari rouge flambant neuve se traîne sur l’autoroute à moins de 40km/h. Arrêtée par la police routière la conductrice – une dame de 75 ans – explique qu’elle avait levé le pied en arrivant sur la E40.

 

-       Sur l’autoroute vous devez  faire au moins 80km/h, explique  le  policier.

A ce moment il voit le passager : c’est un petit vieux ratatiné, tout pâle et tremblant.

-       Vous allez bien ? lui demande-t-il.

-       Ne m’en parlez pas : nous venons de quitter la E314.  

23/01/2017

SEQUELLES...

Les spécialistes en médecine se regroupent le plus souvent dans un immeuble commun pour y recevoir les patients en consultation. C’est le cas de l’urologue qui a traité Jipi. Pour prendre un rendez-vous, le malade dispose d’un numéro de téléphone : celui de la centrale commune. Il est dès lors impossible de contacter le médecin en dehors des heures de bureau, même en cas d’urgence.

Ce petit préambule pour expliquer que, quand dans la nuit du 10 au 11 novembre dernier Jipi a eu un grave problème à Bruxelles, il ne pouvait pas contacter son docteur. Le 11 novembre férié tombait le vendredi et au mieux il aurait pu avoir un conseil de son docteur le lundi 14 si ce dernier était présent au centre.

Donc, il y a quelques jours, Jipi se rendait pour une visite de contrôle chez ce monsieur. Il en espérait des nouvelles rassurantes et des conseils.

Et qu’a-t-il obtenu ? Un double savon administré dans une ambiance peu amène !

Le premier savon était pour Jipi en personne : il n’avait qu’à prendre sa voiture et venir à Lille pour venir le voir tout de suite. Or, Jipi était bien incapable d’entreprendre un voyage, sauf en ambulance.

Le second savon s’adressait par patient interposé au médecin généraliste consulté entre-temps. Le généraliste aurait mal interprété les résultats de l’analyse en prescrivant des antibiotiques alors que pour l’urologue il n » ‘y avait aucune infection. Gloups ! De plus, ce même généraliste avait préconisé la prise d’un médicament qui ne pouvait avoir aucun effet. Re-gloups !

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Bref : l’urologue ne se sent pas responsable du tout d’éventuelles séquelles pouvant durer le restant de la vie.

Jipi devra pourtant passer une endoscopie : pour voir si l’urologue n’a pas oublié une partie de ses outils à l’intérieur ???

22/01/2017

TOAST CRAME.

cramé.jpgDistraite je n’avais pas noté que la tranche de pain était un peu trop sèche. Le détecteur de fumée dans l’entrée s’est mis à émettre des bips stridents : le pain cramait. L’alarme devait s’entendre dans tout l’immeuble, surtout que nous devions aérer en ouvrant fenêtres et portes. Un seul occupant est sorti de chez lui en demandant :

-         Qu’est-ce que c’est ?

Le Jipi lui a répondu flegmatique :

-         Un exercice incendie…

1-1 partout. Là c’était moi, il y a quelque temps à Bruxelles Jipi provoquait le même effet pour une cause identique.   

BULLES DE SAVON PAR TEMPS DE GEL

21/01/2017

PHILOSOPHIE DU PATIENT

Notre ancien propriétaire avait bien vécu, bien bu, bien mangé, bien fumé.

A 75 ans, un peu  diminué par l'âge et ses  excès il alla consulter le spécialiste du cœur. Ce cardiologue, probablement  contrarié par d'autres vicissitudes, marmonnait (de façon très audible) :

- Tous les mêmes  ! On boit, on fume et quand on a la crève on vient me voir.

Et Gérard, qui n'était pas sourd lui répondit :

- S'il n'y en avait pas des comme moi, cher ami, les comme toi seraient au chômage !

 

 

20/01/2017

L'ANGELUS DE MIDI

Voilà, nous y sommes. Hier soir nous sommes partis avec notre traîneau motorisé au nez rouge, vers les subtiles contrées du Nord.

Dans le coffre nous avons fourré du linge pour une semaine, des chargeurs divers, nos bécanes respectives, les médocs à prendre, les précautions, un peu d’outillage : rien que des choses utiles.

Dès aujourd’hui il y aura pour Jipi la grande opération boursière … euh, un rien plus haut mais dans le bas quand même. L’opération ne sera ni sanglante ni autre : visuelle (et tactile ?) seulement.

La fin de semaine sera relax : bricoler, nettoyer, lessiver, aller aux emplettes.

Mardi prochain le Jipi fait examiner ses yeux. Quand ils sont ouverts ils sont verts et quand ils sont mi-clos on se demande s’il a des yeux !

La plupart du temps je me pose donc cette question terrible : en a-t-il ?

Le retour à Bruxelles est prévu pour le mercredi, sauf pépin inattendu.

Pendant une semaine nous seront soumis à l’angélus du midi et du soir, émis par le château d’eau ! Comme au début nous ne voyions par-là aucun clocher, nous avons longtemps cru que c’était lui qui nous sonnait les cloches.

Bien plus tard nous avons su que c’était la voisine qui vérifiait si la volaille achetée était bien un coquelet : elle le secouait pour entendre les grelots…

19/01/2017

TIRER SA CRAMPE...

Au quotidien je vis pour le moment une excellente nouveauté : c’est le premier hiver où Jipi et moi n’avons pas besoin de nous couvrir de trois couches à l’intérieur de l’appartement pour nous sentir confortables. Merci à madame la propriétaire d’avoir isolé le toit. Cela nous fait gagner 3°C. et valait vraiment la peine. Aurions-nous le même effet bénéfique lors des grosses chaleurs ? Mystère et boule de gomme.

crampe2.jpgPersonnellement je vis pourtantcrampe_.jpg une nouveauté – si l’on veut – au quotidien, plusieurs fois par jour et par nuit : je dois tirer ma crampe (pardon !) ETIRER mes muscles pour diminuer les crampes. Où ça ? Dans les mains (surtout la gauche), intercostales, dorsales,crampe3.jpg pédophiles (re-pardon) je veux dire dans les pieds, nucales et j’en passe.

Jipi n’éprouve aucune envie de tirer sa crampe ! Il n’en a pas (plus ?)

Il ne me demande rien, voyez-vous ?

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18/01/2017

PURR...

Le pied arrière droit encore en appui contre la paroi verticale du muret à degrés, le pied gauche et les deux mains posés à plat sur la marche horizontale, Purr resta immobile dans cette position, surpris à la vue d’un guetteur du clan des Roux installé là à une petite coudée de lui. Il aurait pourtant juré que le chemin était libre il y a un instant encore.   

 

Dans ce quartier urbain un peu vétuste, une bonne demie douzaine de loubards d’autres clans hantent les lieux. Celui du clan des Noirauds, extrêmement velu, très bagarreur et assez irascible veut dominer les trois membres du clan des Colliers Blancs. L’individu femelle du clan des Arlequins s’en méfie beaucoup. A l’occasion Purr les a rencontrés.   Généralement cela se passait assez bien, dans une sorte de réciproque indifférence polie, comme il est de coutume chez les explorateurs du genre, lorsqu’il n’y a pas d’intérêt personnel en jeu. Par contre, cela pouvait dégénérer en hostilités ouvertes si l’un ou l’autre avait en tête des projets précis, et se voyait contrarié par ce qu’il crut être une rival potentiel. Mais comme leur objectif commun était la conquête et la soumission de l’homme, une sorte de compromis satisfaisant  tous les explorateurs était  plus ou moins respecté.  En ce moment Purr n’avait aucune envie d’entrer en conflit avec le guetteur des Roux : ne venait-il pas de capter le signal qui lui était destiné, et à lui seul ?  Il n’avait pas de temps à perdre car il devait vérifier l’authenticité de l’annonce.

 

Toujours immobile, en parfait équilibriste, il regarda l’autre sans trop insister. Ainsi put-il enregistrer tous les détails de l’aspect extérieur du guetteur, qui était assez gras, rouquin et très velu, les ornements naturels lisses et brillants de l’individu bien nourri. Ce gars-là fit mine de dormir en tenant son balancier immobile, mais Purr vit bien que les pupilles animant l’iris jaune des yeux étaient en alerte lors des brefs éclairs du regard. Comme la crampe s’insinuait lentement dans la jambe droite toujours en extension plaquée contre le mur, Purr la ramena avec d’infinies précautions pour que le guetteur n’y voie aucune attitude agressive. Enfin il put poser le pied à plat. L’autre ne bougea toujours pas, c’était bon signe. L’expression corporelle bien contrôlée remplace avantageusement un langage quelconque fleuri de salamalecs qui n’inspirent jamais confiance. Au bout de plusieurs minutes, qui lui semblèrent durer une éternité, il joua le tout pour le tout, banda ses muscles et d’un petit bond souple Purr atterrit plus en avant sur le muret, sans effleurer le Roux qui y était vautré.  

 

C’est à ce moment-là que Purr fut frappé d’une amnésie soudaine : il ne se souvint subitement plus ce qu’il était venu faire dans les parages ni pourquoi il jouait à l’acrobate sur le muret. Il avança donc d’un pas lent et coulant et d’un air nonchalant trahissant son indécision. Ce trouble de la mémoire  est commun à tous ses congénères,  malgré la somme énorme de leurs qualités et d’aptitudes spécialisées. Cela leur donne un comportement déconcertant : on croit qu’ils se dirigent d’un pas décidé vers un but précis, et oups ! plus rien, plutôt perplexes ils perdent le fil de leurs idées, et restent dans cet état pendant un long moment. Ils ne s’en rendent même pas compte. Sont-ils  depuis trop longtemps sur cette planète Terre où le soleil est parfois si ardent, que cela finit par leur ramollir la cervelle ?

 

En attendant que ses neurones reprirent leur activité normale, Purr rectifia sa toilette, alla s’asseoir à l’ombre, puis s’allongea et somnola un moment. Son assoupissement électrisé par un rêve récurrent  lui fit le plus grand bien. Dans une netteté onirique inégalable la très longue histoire de sa lignée le conforta dans ce qu’il en savait déjà. Quant au rôle principal qu’il devait tenir sur terre, il n’arriva pas à définir les détails ne se souvenant que des grandes lignes vaguement en rapport avec le contrôle des Muridés et l’inconditionnelle soumission des humains...   

 

Il y a des milliers d’années, quand ces ancêtres, débarqués du côté du Nil suite à une série de hasards et dans l’incapacité physique de retourner vers leur destin original, ils furent directement reconnus par les humains pour ce qu’ils étaient en réalité : les envoyés des dieux. Ils n’eurent même pas à combattre. Par la grâce irrésistible de leurs mouvements, par la pureté de leur regard, par leur vision nocturne, leur calme apparent, leur indépendance de caractère, la force de leur méditation et bien d’autres qualités, ils inspiraient le respect que l’on n’éprouve qu’envers le sacré.

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Ils furent dignement accueillis et logés dans des palaces de première classe, endroits généralement réservés aux plus hauts dignitaires religieux et civils. Les humains s’évertuaient à devancer leurs moindres désirs en leur apportant tout ce qui pouvait rendre leur séjour sur terre enchanteur.  Cela passait de l’entretien de confortables matelas en velours rouge munis de franges dorées, aux repas carnés variés et de qualité servis à volonté, de la mise à disposition d’aires de repos ou de sport spécialement aménagés. En ces temps-là ils étaient non seulement respectés, mais littéralement vénérés.

 

Aucun autre étranger n’était traité avec autant d’égards. Il y en avait pourtant déjà beaucoup sur terre, mais la plupart de ceux-là n’inspiraient aux humains que des sentiments divers et aléatoires, allant du dégoût au mépris, de la peur à la panique, de la neutralité à l’hostilité déclarée, de la convoitise à la capture, et jusqu’à la mise à mort pour des raisons aussi futiles que péremptoires : le plaisir sadique de tuer, des besoins de prédateur, la dépouille des cadavres...   

 

La mission de  ceux de la race de Purr n’était cependant pas de tout repos. Il fallait continuellement surveiller les humains, accrocher leur regard, faire passer le courant des pensées positives, avoir des attitudes assimilables à un langage pour ces créatures versatiles et cruelles, sinon l’oeuvre de colonisation était à reprendre depuis le début.

 

C’est ainsi qu’après une ère florissante et sans histoires, cette période réjouissante prit inexorablement fin. L’humain évoluait à contresens du respect  des dieux et ne montrait  plus l’empressement de la première époque pour les envoyés des cieux. C’était partiellement imputable au  pouvoir procréatif exubérant hérité des dieux, si bien qu’à certain moment ceux de la race de Purr étaient si nombreux qu’il aurait fallu que l’humanité toute entière soit exclusivement à leur service.  Certaines personnes humaines commencèrent à les trouver encombrants, puis doutèrent de leur mission.

 

Tout envoyés des dieux qu’ils étaient, c’en était fini de leur hégémonie. Dans certaines régions ils en étaient réduits à devoir quémander à force de cajoleries, une maigre nourriture pas toujours fraîche, souvent parasitée par des éléments pathogènes.

 

Dans ce lamentable état de choses plus personne ne se préoccupait de leurs besoins hygiéniques, ils se voyaient à leur tour envahis par la vermine et même par des maladies mortelles. Pourtant, ils avaient gardé ce réflexe conditionné sacré de veiller à une propreté corporelle impeccable et un état physique bien entraîné : le temps passé à parfaire leur toilette, à se relaxer, à faire de l’exercice physique, était bien plus considérable que celui consacré à se nourrir.    

 

Mais enfin, l’époque actuelle est plus ou moins supportable, surtout dans l’hémisphère nord de la terre. Sans être à nouveau vénérés comme il se  doit, les gens s’habituent à leur présence, et dans certains cas il y  a ce que les hommes appellent l’adoption. Ils se trompent pourtant gravement en croyant que ce sont eux les adoptifs...  D’autres parlent  d’amour universel ...  Se doutent-ils que c’est un amour unilatéral, car un envoyé des dieux ne peut aimer que ses semblables et encore... pas à plein temps !   

 

Purr se réveilla calmement, et sut à nouveau quel était son objectif.  Il y alla tout droit.

Au fur et à mesure qu’il s’en approcha, il huma le délicieux arôme d’un filet de sole cuit au beurre. Il était satisfait d’avance : la conquête de son être humain se passa tout à fait selon les règles.

                          

Ne me dites pas que vous ne l’avez pas vu : je l’ai vu entrer chez vous et je suis certaine  qu’il y est toujours.   

 

17/01/2017

FASHION ... JEANS DECHIRES.

Je n’ai pourtant pas l’impression que l’ambition actuelle des jeunes soit le statut de clodo ? Il semblerait que je me trompe !

jeans-fashion-décontracté-et-déchiré.jpgAprès les jeans de marque (impératif) des années 1980 et puis les délavés des années 1990 – qui coûtaient bien plus chers que les jeans normaux (l’effet du délavé demandait un traitement coûteux supplémentaire) – on voit encore aujourd’hui pas mal de jeans déchirés qui y ont succédé : ils sont infiniment plus déchirés que ce qu’une extrême usure pourrait produire. Le coût est proportionnel au manque de tissus !

Je pense qu’ils trouvent ça beau parce que c’est une forme d’anarchie. Ou de fausse sauvagerie, comme s'ils venaient de descendre d'un arbre épineux...

Moi ? Je déteste ! De voir notre Lucie ainsi accoutrée me rend TRES VIEUX JEU et je ne puis m’empêcher de l’exprimer.

Et chez vous comment s’habillent les jeunes au  quotidien ?   

Par les températures glaciales qui s'annoncent je préconiserais de porter en dessous un collant de laine rose plus ou moins poilu. N'est-ce pas une idée originale ?

16/01/2017

VERGLAS : petite suite en ut majeur !

Pendant sa pénible marche sur le sol verglacé vers son domicile de La Roche, mon Toni n’avait qu’une seule trouille : rencontrer un sanglier affamé ou furieux.

Alors, pour bien marquer sa présence, il a chanté à tue-tête :

 

Etoile des neiges !

Mon cœur amoureux !

Est pris au piège !

De tes beaux yeux !

 

 

15/01/2017

GASTRO IMPROMPTUE

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14/01/2017

ENOA A EU TROIS ANS.

Depuis le 8 janvier Enoa a trois ans. En la voyant aujourd’hui pleine de vie et très souriante, jamais une personne étrangère ne pourrait soupçonner que lors de la dernière échographie – une quinzaine de jours avant sa naissance – l’image montrait un bébé à naître avec un visage complètement malformé. Nous étions abasourdis : les parents d’abord, les grands-parents ensuite. Que s’était-il passé pour montrer ces images horribles ? Dare-dare les parents sont partis à Louvain pour avoir l’avis de spécialistes qualifiés. La réponse reposait sur la supposition que le canal lacrimal était bouché et qu’il fallait certainement une opération rapide après la naissance.

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Non ! Une petite ponction après sa venue au monde a tout arrangé. Bon : sa maman voit bien qu’encore aujourd’hui il faut un peu aider la nature. De moins en moins cependant. Mais quelle perspective triste et effrayante avions-nous eue…

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13/01/2017

LE COMPORTEMENT ANIMAL N'EST PLUS CE QU'IL ETAIT

DEBAPTISER

Au Congo mes deux aînés sont nés à la clinique Ste Elisabeth de Léopoldville dirigée par des bonnes sœurs catholiques. Pour des raisons qui leur sont propres, elles ne laissaient partir les jeunes mamans de la maternité que si les enfants étaient baptisés. Impossible d’y échapper, je m’y suis donc conformée.

Mes deux cadets sont nés à Bruxelles, à la clinique Baron Lambert : là, il n’y avait aucune règle, sauf que les mamans ne pouvaient sortir que quand le reste du cordon ombilical du bébé soit tombé.

Pour mon cadet j’attendais fébrilement ce moment : il y avait des cafards dans les chambres, l’équipe de nettoyage avec des femmes étrangères n’avait aucun sens de l’hygiène. Par exemple : elles nettoyaient les toilettes et avec le même torchon essuyaient les tables où les jeunes mères devaient prendre leur repas.

Au bout de 4 jours, le bout du cordon de Gaëtan tombait et tout de suite j’ai appelé un taxi pour rentrer à la maison. Le gynéco de service ne le voyait pas d’un bon œil et m’a fait signer une décharge… Quelle connerie.

Mais voilà, le temps passait et 3 de mes 4 enfants étaient baptisés ; de gré ou de force. Le 4e devait subir le même sort : il ne faut pas faire de différences entre ses enfants.

Il avait déjà 10 mois quand un jour, après le travail, j’ai sonné à la cure.

Le curé Lapage m’a reçu (c’était l’oncle de mon avant-dernière voisine de palier : le monde est petit). Tout de suite il a voulu que j’aille au catéchisme et mon sang n’a fait qu’un tour. Du catéchisme j’en avais fait tout autant que lui dans ma jeunesse et je lui ai dit :

n  Je suis venue pour demander le baptême de mon enfant. Votre réponse sera oui ou non et sans conditions.

Il a vu que je ne céderai pas et m’a fixé une date de baptême avec « tous les autres mécréants ». Nous étions une vingtaine.

Mon petit Robert avait deux ans et jouait au chien « waf waf » sur les marches de l’autel puis a piqué une grosse crise de chagrin quand il n’a pas eu droit à la bougie allumée.

Le curé s’est perdu dans le décolleté d’une dame plantureuse en versant l’eau du baptême dans le visage de son bébé qui a failli s’étouffer.

Et tout ça pourquoi ?

Suite à tous les scandales sexuels avec le clergé belge (et pas qu’eux) mon Gaëtan s’est « débaptisé » il y a quelques années en se faisant rayer des registres catholiques.

12/01/2017

JE L'AI AVERTI PAR COURRIEL

langue.JPGPour bien me faire comprendre j’ai été OBLIGEE d’envoyer un courriel à Jipi, alors que depuis le début du mois de septembre nous sommes ensemble nuit et jour sans interruption !

Cet homme-là est fort tatasse (assez maniaque quoi). Il est surtout un peu comme les personnes des générations anciennes qui ne croyaient qu’en trois sortes de personnes : le curé, le maître d’école et le docteur. Jipi se contente de la parole infaillible du toubib. Cette charmante personne lui avait claironné qu’il devait faire une nouvelle analyse d’urine 10 jours après la fin de la prise d’antibiotiques. C’est le vendredi de cette semaine.

Il se proposait donc de m’emmener à Lille à la seule fin de pisser dans un petit pot à porter le matin-même au labo d’analyses.

Pour qu’il me prenne au sérieux je lui ai donc envoyé un mail : faire 2 fois 112 km pour ça ??? Et justement quand la météo annonce des intempéries ? Dans une semaine nous devrons de toute façon y retourner et son analyse ne pose pas réellement un délai strict et si urgent. C’est mon avis.

Cela commençait vraiment à me courir sur le haricot savez-vous !?  

11/01/2017

BERLUE

Lundi nous assistions au montage d’une énorme grue. Dans l’après-midi cette grue n’avait plus sa flèche… Le soir : la flèche était revenue.

Hier, nous voyons nettement qu’on la démontait une nouvelle fois, car la grue mobile entrait à nouveau en action.

Dans le courant de l’après-midi, oufti ! la grue était remontée.

-       C’est bizarre me dit Jipi, j’ai l’impression qu’elle est plus proche  et plus grande…

A mon avis, nous avons tous deux eu la berlue.

Car, ce mercredi matin : il y a là DEUX grues.

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… ??

10/01/2017

AMUSANT LE VERGLAS ???

Hier matin je me délectais intérieurement du souvenir d’une situation « rigolote » (pour moi) d’un piéton surpris par un brusque verglas. C’était en hiver 1967 et j’habitais près de l’hôtel de ville de St-Gilles. Il avait gelé les jours précédents et voilà que la pluie se mit à tomber. De ma fenêtre je vis la porte du bistrot du coin s’ouvrir et un client sortir de l’endroit. Surpris par le verglas il s’est accroché à un bac poubelle métallique qui traînait encore dehors. J’ai bien rigolé en voyant cet attelage glisser tout le long du trottoir puis traverser la rue pour s’arrêter en face près de la rampe d’où sortaient les véhicules de police. Je ne sais pas comment le piéton s’est arrangé pour la suite : il me restait d’autres choses à faire qu’à glousser derrière les vitres.

Ce qui est arrivé à mon aîné samedi tard dans la nuit est plus épique encore. Il travaille au dispatching des métros à Bruxelles et habite dans l’entité de La Roche en Ardenne. En quittant le boulot vers 22 heures il n’a pas éprouvé de forts désagréments sur le chemin de retour. L’autoroute était praticable. Mais en quittant ce grand axe, il commençait à pleuvoir. Très mauvaise situation pour lui : les routes d’intérêt local ne sont pas salées, au mieux les communes y arrosent avec du mini gravier et du sable.

Il réfléchit vite et bien et décide de passer par Hotton : c’est un peu plus long mais les pentes sont moins marquées. A Rendeux son trajet a pris fin : le chemin était un miroir et il n’a pas voulu prendre d’autres risques. En quittant son véhicule il a tout de suite glissé mais comme il dispose encore de bons réflexes il a pu se rattraper à la poignée de l’auto. Là : petit travail d’adaptation aux circonstances. Avec un canif il a coupé en deux la couverture qu’il y avait dans la voiture et il a enroulé les deux bouts autour de ses godasses : il était encore à 8 km de chez lui. Ce chipotage de fortune lui a permis de déambuler pendant 1h45 sans tomber… A-t-il pu récupérer son auto aujourd’hui ? Lui seul le sait…     

09/01/2017

COURTE ET PROPRE

Un mec suisse avait l’habitude (c’est normal pour ces gens-là qui manquent un peu du savoir-faire français) de raconter des histoires salaces bien trop longues. Ses amis lui avaient fait remarquer l’état des choses, il a changé sa façon de raconter.

Son histoire était celle-ci :

- Un mec sort de la douche.

- Et alors quoi ?

- Elle est courte et propre !

VIN JAUNE : kessako ???

Un petit dessin vaut mieux que mille lignes d'explications. Les photos ont été prises en septembre dernier à Pupillin.

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Tiens donc : on dirait qu'il y en a là une qui a déjà trop abusé !

 

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08/01/2017

CE SOIR : BOITE CHAUDE

chez nous, au vin jaune avec une grande salade verte à la vinaigrette. Miam !

07/01/2017

NOUVELLES DU FRONT FROID

Vendredi nous avions été bien inspirés en revenant vers Bruxelles en fin de matinée : le temps était clair et sec et la circulation raisonnable. Dans la foulée nous avons fait halte au supermarché pour nos achats hebdomadaires.

Le soir nous avons eu droit à une dernière luxure arrosée : le résultat des analyses sanguines de Jipi ne sont pas néfastes mais mauvais quand-même. Normal : depuis son opération avec les séquelles imprévisibles et l’infection contractée, il n’a pratiquement plus bougé. Or : l’exercice physique contribue beaucoup à la stabilisation du diabète.

Petite parenthèse ici : hier c’était la fête des rois. Or, Jipi, ne PEUT PAS RESISTER à une part de galette à la frangipane. On l'avait gardé pour le lendemain.

Or, samedi matin, j’aperçois donc qu’il a mangé MA PART de galette, celle avec la fève ! Dans mon dos et en catimini. Bon : je lui pardonne et n’ai pas jeté de mauvais sort !

En fin de matinée Jipi enfile ses bottines ornanaises : ce sont celles que les gens d’Ornans chaussent par temps de neige. Il est allé à la poste pour acheter la boîte qui devra contenir les cadeaux de Noël de ses petits-enfants bretons. Un peu tard, dites-vous ? Mieux vaut tard que jamais ! Il marchait à ras des immeubles où le trottoir « paraissait » sec.  Il y avait aussi du verglas et ce qui devait arriver c’est produit : le pied droit a glissé et il est tombé en arrière.  Rien de bien grave : des contusions, des muscles douloureux. J’ai voulu lui faire des guilis-guilis aux pieds et il m’a demandé d’attendre qu’il simule les secousses de rire pour voir s’il supporterait. Il aurait supporté… mais je me suis abstenue. Cela lui apprendra à manger MA PART de la galette, na !   

C'EST FINI !

Le crash

 

Le choc avait été terrible. De cela il se souvint. C’était juste au moment de son dernier bond dans l’espace. Il s’était fixé comme but d’atterrir dans cet endroit sécurisé  qu’il connaissait, là, droit devant, quand un énorme bolide surgi de nulle part arriva à vitesse vertigineuse et fondit sur lui le frappant de plein fouet. Il n’aurait pas pu l’éviter de toute façon, sa vitesse relative étant trop faible par rapport à celle du bolide.  

 

Pour le reste, il se sentit extrêmement mal, comme broyé. Où se trouvait-il ? Combien de temps s’était-il passé depuis le crash ? Cette entité vertébrée anoure apsidospondyle du sexe mâle avait du mal à rassembler ses idées. Il était tout occupé à tenter de gérer la souffrance physique qu’il ressentit de la tête aux pieds. Pour le moment il  avait les yeux clos. Ouvrir les paupières en cet instant sembla lui demander un effort insurmontable. Il ne put même pas se faire une idée de la position réelle de son corps : était-il couché, assis, recroquevillé, ou étalé ? Un immense désir de paix et de repos l’envahit et il se demanda s’il était peut-être déjà mort. Il sombra à moitié dans un sommeil inconfortable, rêvant d’un voyage chaotique aux mille dangers imminents.

 

- Ai-je vraiment dormi  ou me suis-je évanoui ?    

Sans réponse exacte il conclut qu’il était vivant, quoique rien ne vint a priori confirmer cet aboutissement d’idées.

- Ouvrir les yeux, je dois ouvrir les yeux.

Et là il se rendit subitement compte qu’il put très bien déjà avoir les yeux ouverts bien qu’il n’y vit rien.  Il n’avait toujours pas bougé d’un poil et décida de remuer les doigts. Les doigts ? Avait-il encore ses doigts ? Il ne sentit rien. Et la main droite répondait-elle ? Pas non plus. Les pieds peut-être ? Rien.

 

Un énorme chagrin s’empara de lui à l’idée qu’il était complètement paralysé, sans doute partiellement disloqué, dans un endroit invisible pour lui. 

- Mais non, se rebella-t-il au plus profond de lui-même, je suis seulement ankylosé. La circulation du sang est perturbée, mais il ne faut pas que cet état persiste. 

 

De toutes ses forces il tenta de sortir de cette léthargie en se fixant un but simple à atteindre : remuer les doigts. Il mit très longtemps avant d’avoir sa première infime perception et bien plus encore avant d’être certain qu’enfin il pouvait faiblement bouger le pouce et l’index.  Concentré sur les mouvements à effectuer, il décida de contrôler aussi l’ouverture et la fermeture des paupières. En vain. Rongé par l’angoisse il se demanda pourquoi il ne le put.

 

Au bout d’un certain temps qui lui semblait réellement long, il avait la certitude d’être enseveli sous quelque chose d’énorme et de très lourd comme une plaque métallique ou un bloc de béton de grandes dimensions lui barrant tout le dos et les jambes.

- Je ne suis pas sorti de l’auberge, se dit-il.  En effet, coincé sous ce poids lourd, il n’y avait pas trente-six solutions pour se dégager : il n’y en avait même aucune.

 

C’est alors qu’une sorte de miracle se produisit : tout à coup il se sentit libéré du poids qui l’écrasait.  Ce fut hélas sa dernière perception.

 

- - -

 

-       Manolo ! Viens voir ! Il y a ici un crapaud tout noir !

-       Il est mort.  Tu vois bien qu’il est tout écrabouillé.  Un camion sans doute...    

-       T’es sûr qu’il est mort ?

-       Evidemment.  Il est même complètement desséché. Regardes : je le prends par une patte et ...

 

Manolo lance le cadavre de la bestiole à la tête de son ami Pitou.

 

-       Tu es un dégoûtant.  J’ai horreur des bêtes mortes...  Attends voir que je trouve du crottin ou  de la bouse...   

ATTENTION : ça GLISSE !

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05/01/2017

PERMIS DE CONDUIRE

Si vous connaissez quelqu'un qui ressemble à un Yeti ou un Sasquash ... nous venons de trouver dans la rue son permis tout terrain. Faites suivre sur vos réseaux sociaux ! Il pourra récupérer son document en nous téléphonant. Merci.

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CE N"EST PAS TOUT CELA...

Ce n’est pas rien, je vous le jure.

Chaque fois que nous devons nous déplacer à Lille, je dois penser à ne rien oublier : les chargeurs de nos deux téléphones, mes contre-écrous pour dents amovibles, la tenue Mars-Warrior pour Jipi ; la pompe pour gonfler mon sein droit artificiel au « bars » adéquats ; la bouffe du matin après l’analyse à jeun de Jipi. Je ne veux même pas frôler les impératifs du repas de midi ou du soir : sans sucre, sans graisse et sans lactose. Avouez que je me dévoue.

 Faut pas oublier non plus, que plus nous fréquentons cet appart-hôtel privé, plus j’ai besoin de faire tourner le lave-linge et le reste.

Mais non, je ne me plains pas du tout.

C’est vrai que, parfois, j’en ai plein le c..

Comment ? Est-ce que je vous entends encore ?

Mais taisez-vous donc : Je sais que je suis un spécimen unique.

Mes pensées vont vers H.Il. Il a un très vilain truc sur le crâne. Vont-ils réussir à lui extirper tout ça sans dommages ?

04/01/2017

BONARIEN

Lorsqu’Acé Zivré me fit la proposition de l’accompagner en minibulle spasmodique afin de retrouver sa planète, j’ai tout de suite refusé. Je connaissais Acé Zivré depuis assez longtemps, pour ne pas trop lui faire confiance.  

 

En fait, la première fois où je l’avais rencontré,Nain-de-jardin.jpg

c’était dans une bouquinerie où il cherchait des livres anciens sur l’histoire universelle de la terre. Jamais je n’aurais fait attention à lui, tant il passait inaperçu. Non pas qu’il était comme tout le monde, loin de là : il était lilliputien. Etant moi-même occupé à retrouver quelques noms d’auteurs et des titres de livres, j’avais fait un pas en arrière pour mieux voir en hauteur et croyant m’appuyer de la main gauche sur la tablette d’étalage du milieu je sentis tout à coup quelque chose de rond et de chaud dans ma paume. Surpris je regardais donc ce que c’était : c’était Acé Zivré et il me souriait.

-       Bonjour, me dit-il, pourriez-vous s’il vous plaît me hausser pour que je puisse voir les bouquins de la troisième étagère ?  

De tout autre que lui, j’aurais trouvé cette demande bien étrange et j’aurais passé mon chemin. Comme il était vraiment petit je le pris à bout de bras. Son poids était bien supérieur à ce que j’avais estimé.

-       Vous êtes bien lourd pour un si petit homme, lui dis-je.

-       C’est à cause de mes semelles de plomb, répondit-il gentiment. Si je ne les portais pas je m’envolerai au moindre souffle d’air.

En effet, il semblait fluet. Entre-temps je l’avais juché sur mes épaules et je passai lentement devant l’étagère qui l’intéressait. Tout à coup il trouva l’ouvrage qu’il convoitait : « La vie et les moeurs de Marie-Antoinette » de l’auteur archiviste Gilbours Dadais, avec préface de la reporter Maïté Duplumeau et un chapitre critique de Marthe Call. Acé Zivré saisit le livre et me demanda de le déposer au sol, et avec l’oeil à la fois naïf et un tantinet lubrique il me demanda si tout ce qu’on racontait au sujet de cette personne  était vrai ? Décontenancé je ne pus rien lui répondre, car personnellement je ne m’intéresse qu’aux gastéropodes marins.

 

Acé Zivré déborda ensuite de reconnaissance pour le geste qui lui avait permis de trouver le livre en question et ma foi, il avait l’air de ne plus vouloir me quitter. C’était sans doute émouvant mais aussi très casse-pieds, car j’avais autre chose à faire que de jouer au papa pour ce petit.  Avec quelque retard - je le suppose - il lut dans mes pensées, car subitement il me lança un « au revoir » sonore et dirigea tout droit vers la caisse, il me parut subitement plus grand mais cela pouvait être une illusion d’optique, où il paya son livre et sortit du magasin. Ouf !

 

Le temps passa et j’avais pratiquement oublié Acé Zivré, dont je ne connaissais de toute façon pas encore le nom.  Jusqu’au jour où je trouvais un enveloppe manuscrite dans ma boîte aux lettres. Elle n’avait pas été distribuée par les services de la poste, car elle ne portait pas de timbre.  A l’intérieur de l’enveloppe il y avait un mot manuscrit, écrit tellement petit qu’il m’avait fallu la loupe pour pouvoir déchiffrer le texte, qui disait :

 

« Cher monsieur Dubois,

Je m’appelle Acé Zivré et nous nous sommes rencontrés l’autre jour dans la bouquinerie du « Marabout Immobile ». Si vous pouviez vous rendre lundi prochain 18 courant à la terrasse du café « Le Soiffard », je pourrai vous rejoindre là vers 15 heures pour vous mettre au courant de certains faits que vous ne pouvez ignorer.

A bientôt j’espère, Acé Zivré »     

 

Par simple curiosité je me rendis à l’endroit indiqué et m’installa sur une chaise de la terrasse : c’est ainsi que j’eus avec lui une seconde rencontre.  Plusieurs minutes passèrent avant que le garçon ne vienne prendre ma commande, mais juste comme il arriva une sorte de chien noir aux yeux verts se hissa sur le siège à côté de moi, déposa une enveloppe sur la table avant de me dire en chuchotant :

-       Pour moi  ce sera une gamelle d’eau fraîche, si vous le voulez bien.  

25462898--hirsute-.jpgChoqué j’ai cru un moment que j’étais en proie à une hallucination.  Un chien qui parle, cela n’est pas normal du tout.  Je regardais l’enveloppe sur la table : elle m’était adressée. Je la pris pour lire son contenu.

« Cher Monsieur Dubois,

Dans cette enveloppe vous trouverez une oreillette que je vous prie d’ajuster afin que vous puissiez mieux comprendre. Ne faites pas trop attention à mon aspect de chien, c’est le résultat d’un essai mal réussi. Il ne s’agit pas d’un intermédiaire, c’est bien moi, Acé Zivré.»

 

 

      

BONARIEN (suite 1)

Pas un mot ne fut échangé avec le chien avant l’arrivée de la commande.  Je regardais l’animal à la dérobée et s’il n’avait eu la peau toute noire et nue sans fourrure j’aurais pu le prendre pour un caniche moyen. Puis j’examinais l’oreillette : elle ne me plut pas. Dans la partie sensée s’adapter à l’oreille il y avait une grosse pointe, comme un clou. Je n’avais aucune envie de me percer le tympan. Aussi murmurai-je :

-       Qu’est-ce que c’est que cette entourloupe ? Je ne veux pas mettre cette oreillette.

-       C’est comme vous voudrez, vous êtes libre de faire votre choix.

-       D’ailleurs, j’entends parfaitement sans ce truc ...

Il me dit alors à brûle pourpoint :   

-    Chez nous, nous sommes à géométrie variable, mais dans la limite de la matière dont nous disposons.  

-       Ah, bon. C’est génétique ? Ou est-ce lié à une région ?  

-       Vous aurez du mal à croire ce que je vais affirmer, aussi feriez-vous bien de ne pas y attacher d’importance, si cela vous paraît trop énorme.

-       Dites toujours,  l’invitai-je en me rendant compte combien ce chien assis sur une chaise attirait l’attention des autres consommateurs.

-       C’est à la fois génétique et tout à fait typique de la région d’où je suis issu.

-       Quelque part en Europe ? ailleurs... ?

-        D’un très lointain ailleurs. Cela n’a rien à voir avec la Terre.

 

Voilà que cela recommençait encore une fois ! On dirait bien que quelque chose en moi les attire, tous ces psychopathes qui me racontent venir d’ailleurs, qui disent avoir vécu en Egypte au temps des pharaons, ou dans l’arche de Noé, sans oublier ceux qui sont à moitié angéliques ou diaboliques ou qui proviennent de Mars, de Vénus ou de Jupiter.  Et maintenant ce chien bizarre avec qui j’étais en conversation, me débitait à son tour des âneries. J’étais persuadé que la voix que j’entendais était la sienne, mais il parlait mais sans remuer le museau... Par politesse je surveillais mon expression pour ne pas lui montrer tout de suite que ce qu’il allait me débiter  m’ennuyait déjà.  

 

-       Il vaudrait quand même mieux, chien, que tu ne restes pas assis sur cette chaise, finis-je par dire. Tu attires  tous les regards. Et quand je parle, j’ai l’air de marmonner tout seul, ce n’est pas agréable.

 

Il mit un certain temps à initier son récit, toujours glorieusement assis sur la chaise, et tandis que je regardais les gens déambuler dans la rue sous le soleil de plomb, il initia son histoire.

 

« Avant de vous dire d’où je viens, je préfère vous expliquer de quels expédients je vis depuis mon arrivée ici. Il n’était pas facile pour moi de nouer des contacts avec les adultes, car j’étais trop petit : vous l’avez d’ailleurs bien vu. Avec les enfants de cinq à neuf ans cela se passa à merveille. Il suffisait d’entrer dans leur jeu, de ne pas trop en dire tout en faisant le mystérieux au bon moment. C’est ainsi que j’ai souvent été invité, soit chez leurs parents, ou à leur école, ou dans leur club de sport.  Cela suffisait largement pour satisfaire à ma curiosité et pour apprendre la langue locale. Il y a tellement de nationalités différentes dans votre ville, qu’une de plus ou de moins ne choque personne, et que certains adultes hochent la tête d’un air entendu quand j’annonce que je suis d’un pays qu’on appelle Bonar dans notre langue et que suis donc un  Bonarien. »

BONARIEN (suite 2)

« Evidemment, dans la bouquinerie du coin là, Il y a quelques semaines : j’étais très petit et très fluet par moments. J’ai pu changer de géométrie entre-temps, mais ce n’est pas commode non plus de vivre sous ma forme actuelle : un tas d’endroits publics ou privés me sont interdits. » 

 

-       Ce n’est pas possible, vous êtes en train de me raconter des salades : aujourd’hui je vois près de moi une sorte de chien parlant, mais canidé quand même. Vous devez faire partie d’un cirque ! Votre maître doit être ventriloque et j’aimerais bien savoir qui il est.

 

« Si vous pouviez ne plus m’interrompre, vous parviendrez sans doute à comprendre un peu ce que j’essaie de vous dire. »

Avant de poursuivre le chien lapa un peu d’eau, se lécha les babines, descendit de la chaise, s’essaya par terre et posa  son museau sur mon genou droit.

 

« Vous voyez ? Je viens de prendre une attitude mieux en rapport avec mon aspect pour que vous soyez plus à l’aise.  Je vous disais donc que je suis un Bonarien. Il m’est impossible de vous situer ma planète, alors que je le voudrais bien. Elle se trouve quelque part, peut-être dans une autre galaxie,  et j’ignore sous quel nom vous désignez notre soleil, si du moins vous pouvez l’observer de la Terre.

Je m’appelle Acé Zivré, et je suis arrivé sur cette planète-ci à la suite d’un malheureux concours de circonstances.  Bonar est une planète spéciale, tous les êtres vivants sont rassemblés dans l’hémisphère nord, où il subsiste un reste de gravité. Au delà de l’équateur il n’y a plus rien. C’est ce que nous supposons, car jamais personne de sensé ne s’y est jamais risqué. A cause de ce manque de gravité quiconque s’aventure dans l’hémisphère sud « s’envole » dans l’espace pour ne plus jamais revenir. C’est ce qui m’est arrivé. Par chance je me trouvais dans ma bulle spasmodique. »     

 

-       Spasmodique ?

« Je dis spasmodique parce que je ne trouve pas d’autre mot dans votre langue pour désigner cette fonction spécifique : la bulle s’adapte à l’espace-temps et aux autres conditions physiques.  C’est ce qui a sauvé ma vie, mais hélas je suis séparé des miens sans grand espoir de les revoir et c’est un grand chagrin.  Comme je le disais, mes semblables et moi-même sommes à géométrie variable dans la limite de notre masse organique. Chez nous personne – ou rien si vous voulez – n’a l’aspect des choses vivantes de la Terre. Chez nous il n’y a ni hommes, ni animaux, ni plantes.  Nous sommes des « choses » arrondies mais  pouvons changer nos apparences par un grand effort mental qui requiert un long entraînement. Quand nous avons réussi à prendre  un aspect, il ne correspond pas toujours à ce que nous souhaitions.  Souvenez-vous comme j’étais petit lors de notre première rencontre.  Alors j’ai pensé que ma survie ici serait plus facile sous l’aspect d’un bichon, car j’ai constaté combien les gens d’ici s’attendrissent devant les petits chiens.  Maintenant je crois que je me suis trompé en faisant ce choix car je suis un peu trop grand. Est-ce que vous pourriez me donner une idée pour la prochaine transformation ? Au mieux je  ne pourrai la réaliser que dans six mois ou un an. »

 

-       Mon intérêt va vers les gastéropodes marins. Il est clair que je ne vous conseillerais pas de prendre l’aspect d’une limace, vous ne feriez pas long feu.  Mais pourquoi ne pas prendre l’aspect normal d’un homme moyen de la Terre ? 

« C’est bien ce que j’ai voulu faire la première fois, mais il me manquait un peu de masse et surtout  je ne m’étais pas assez concentré : c’est ainsi que  je n’ai obtenu l’aspect d’un jeune enfant aux allures d’adulte. Cependant, d’après mes constats, pour les hommes moyens la vie n’est pas facile chez vous. On leur demande des papiers d’identité, ils doivent obtenir des cartes de travail et de séjour. Ils doivent  disposer d’argent car toutes les choses, objets, nourriture et services sont payants.  Comment faire dans mon cas ? »

 

-       Mais vous allez à l’Office des Etrangers et vous déclarez que vous demandez l’asile politique. Inventez une sombre histoire de tueries dans votre pays, mais choisissez un pays adéquat, dire que vous venez de Bonar ne vous avancera à rien.  Je ne sais pas, moi : dites que vous venez de l’Iraq ou de l’Iran, de la Palestine ou de la Chine, de la Bolivie ou du Chili : vous avez le choix quand même ! Veillez cependant à parler la langue de votre soi-disant pays de provenance et d’avoir des notions de son histoire et de sa géographie...

 «  Ne pourriez-vous pas faire ces formalités à ma place ? Vous savez déjà où s’adresser et quoi déclarer... »

 

-       Vous n’y pensez pas j’espère ? J’aurais l’air fin, moi, un grand blond aux yeux bleus et ne parlant que le français avec un fort accent bruxellois !

 

« J’avais entendu dire beaucoup de bien de vous, mais il me faut déchanter, vous ne semblez pas vraiment coopératif.  Comment allez-vous organiser maintenant ma survie en tant que chien ? »

 

-       Moi ? Mais ce chien c’est votre problème, pas le mien. Je ne puis rien organiser. Dans l’immeuble où je vis les animaux de compagnie sont interdits.

« Oh mais ! Vous essayez de me cacher des choses. N’avez-vous pas aussi une maisonnette en pleine campagne près d’un petit étang ?  Là vous pourriez facilement m’emmener,  j’aurai une vie saine et tranquille. Alors ? Vous êtes d’accord ? »

Eh bien non, je n’étais pas d’accord du tout. Aussi me levai-je de mon siège et partis vers une entrée de métro. Par chance ce chien noir qui mettait son nez dans les affaires des autres ne me suivit pas.

--- 

Beaucoup de temps passa, à peu près trois ou quatre ans, et le souvenir de cet Acé Zivré si diluait dans l’oubli, jusqu’à notre troisième rencontre.

 

Je passais quelques moments de détente dans ma bicoque près de l’étang, lorsque je vis un manège intriguant se passant à hauteur de mes yeux sur la branche du noyer de ma propriété. Se trouvaient  là, presque côte à côte, une buse quelconque et un magnifique perroquet vert.  Ce perroquet était splendide : vert clair presque jaune sur le ventre, les ailes couleur émeraude, la tête d’un orange éclatant, les plumes caudales vert tendre très longues en forme de lyre. La buse lui menait la vie dure à l’attaquer de temps en temps pour lui faire perdre l’équilibre. Je n’avais jamais vu de perroquet dans mon domaine, et intrigué je m’approchais pour le voir de plus près.

-       Le monsieur buteo est plutôt agaçant, me dit-il tout de go. Je n’ai pourtant pas eu d’attitude agressive. Il ne fait que m’attaquer.

-       Je l’ai remarqué, lui dis-je, sans me rendre compte que j’étais en train de parler à un oiseau comme je l’aurais fait avec un humain.

-       Il faut bien que je le supporte. Il finira par se lasser et s’en aller. c’est la  vie, répondit le perroquet.

-       Vous êtes bien philosophe et placide, lui dis-je.

 

Un silence s’installa, après quoi, tout à coup, le perroquet me dit :

-       Vous ne me reconnaissez pas, n’est-ce pas ? Cette fois ma géométrie est vraiment parfaite.

-       Est-ce que nous nous connaissons ? lui demandai-je.

-       Evidemment : je suis Acé Zivré. Je l’aurais parié qu’avec ma dernière géométrie variable personne ne me reconnaîtrait, même pas vous.

BONARIEN (fin)

PERRO.JPG-       Acé Zivré ? Ce n’est pas possible...

-       Si, si, c’est bien moi. Avouez que je n’aurais pu faire mieux. Surtout pour un Bonarien. 

-       Si vous êtes vraiment celui que vous dites : c’est très bien réussi.

-       De ma métamorphose précédente, j’ai cependant gardé quelques habitudes alimentaires qui me sont bien utiles aujourd’hui.

-       C’est à dire ?

-       Quand je vivais sous la forme de chien, j’avais pris grand plaisir à manger du fromage. A ce moment là il y avait évidemment l’inconvénient des flatulences, mais qui me rendent grand service aujourd’hui, où je continue de mêler du fromage à mon régime granivore.

-       J’avoue que je ne comprends pas bien.

-       C’est pourtant simple. Je me suis construit une bulle spasmodique en peau de raie, afin de tenter de retrouver ma planète.

-       En peau de quoi ?

-       De raie manta évidemment, évidée de la chair mais gardant toujours son squelette. Cette peau est très souple et convient parfaitement pour servir de bulle.

-       Et alors ?  

-       Mais... c’est biologique ! J’entre dans ma bulle, je faits quelques pets roquets, et elle enfle.

-       Tu fais quelques perroquets et elle enfle ?

-       Il faut mieux écouter et réfléchir à ce que je dis : je fais des pets comme un roquet, cela amène des gaz et ma bulle peut s’enfler. Si je suis venu ici aujourd’hui, c’est d’ailleurs pour t’inviter à faire le voyage avec moi.

-       Le voyage ?

-       Oui. Pour retrouver ma planète. Ma bulle est assez enflée pour nous contenir tous les deux.  Tu seras mon navigateur. Nous irons dans l’univers et nous retrouverons mon habitat habituel.

 

J’ai donc poliment décliné son invitation. Vous me voyez dans une bulle spasmodique gonflée aux pets roquets ? Pas moi.